Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
27 mai 2010
3 janvier 2011, par

Ce 27 mai, un communiqué annonce un changement historique : pour la première fois depuis que la canne à sucre est plantée dans notre île, les usiniers ne sont plus réunionnais. Le groupe Quartier Français a décidé de vendre les parts qui lui restent dans les usines de Bois-Rouge et du Gol à Tereos, une coopérative de planteurs de betteraves en France.
L’industrie sucrière est intimement liée aux intérêts réunionnais depuis le début de la canne à sucre dans notre pays. Ce sont en effet des planteurs réunionnais qui ont décidé de construire les premières usines pour produire le sucre qui était ensuite exporté vers l’Europe.
Durant deux siècles, ces usiniers ont accumulé un capital et un savoir-faire considérable grâce au travail des centaines de milliers de planteurs et d’ouvriers qui se sont succédé dans les plantations et dans les usines.
Mais depuis la réforme structurelle de la filière canne engagée à la suite de la signature des Accords de 1969, force est de constater que les usiniers ont commencé à se désengager de la culture de la canne à sucre. Ce cycle avait commencé quelques années avant l’échéance 1975, date d’une plus grande intégration de La Réunion dans la Communauté économique européenne. Il se termine quelques années avant une autre échéance, celle de 2014, date à laquelle doit être mis en œuvre un nouveau règlement sucrier européen dans un contexte de fortes pressions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Jugé trop protecteur, le règlement européen a été attaqué devant l’OMC par plusieurs grands pays exportateurs de sucre qui ont obtenu gain de cause : l’Europe doit changer ses règles.
Quatre ans avant cette échéance, les derniers usiniers réunionnais décident d’abandonner le navire en pleine bataille. Tout ce patrimoine accumulé durant deux siècles et tout le fruit de la recherche sont cédés à une société dont les intérêts sont étrangers à La Réunion. Désormais, les deux dernières usines réunionnaises font partie de Tereos Internacional, une filiale de Tereos dont le siège social se situe au Brésil. Pour la première fois dans l’Histoire du pays, la Direction politique et idéologique de la filière canne n’est plus à La Réunion, elle est maintenant au Brésil.
M.M.
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