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13 mars 2017, par

La Réunion dépend fortement de l’importation d’énergies fossiles telles que le charbon et le pétrole. Le PCR préconise d’aller vers l’autonomie énergétique pour en finir avec cette dépendance, respecter l’Accord de Paris et lutter contre le chômage. Notre île dispose en effet d’importantes sources d’énergies renouvelables, mais le cadre actuel permet de ne pas en tenir compte et de continuer à favoriser les énergies fossiles.
En 1999, Paul Vergès a lancé le mot d’ordre d’autonomie énergétique pour 2025. Pour atteindre cet objectif, de nouveaux outils ont été créés et la Région a soutenu la recherche et l’application dans le domaine des énergies renouvelables. Cela a notamment permis à notre île de dépasser les 100.000 chauffe-eau solaires installés. Mais le changement de majorité à la Région en 2010 a remis cette politique en cause. La part des énergies renouvelables dans la consommation a diminué. Cette baisse est aussi due au cadre actuel qui ne fixe pas de limites à l’utilisation des énergies fossiles. En effet, lorsqu’il s’est agi de remplacer la centrale thermique du Port, l’Agence régionale de l’énergie Réunion (ARER) a réalisé une étude démontrant que le développement des énergies renouvelables pourra compenser la fermeture de la centrale au fioul. Malgré cela, EDF a construit une nouvelle centrale thermique dans la baie de La Possession. Et Albioma prépare la mise en service d’un équipement de ce type dans le Sud de l’île. Ce sont donc deux entreprises extérieures à La Réunion qui fixent le cap en matière de production d’électricité.
L’utilisation des énergies renouvelables dépasse la question de la nécessaire protection de l’environnement et de l’atténuation du changement climatique. Elle est tout d’abord un gisement d’emplois. Si la stratégie de l’autonomie énergétique avait été poursuivie, la création de 15.000 emplois était attendue. Elle est ensuite un levier du développement de La Réunion. En effet, les énergies fossiles sont extraites à des milliers de kilomètres de La Réunion, puis transportées vers notre île. Leur prix dépend de cours sur lesquels La Réunion n’a aucune influence, elles sont en effet le reflet d’une conjoncture mondiale. Ces importations sont facturées plusieurs centaines de millions d’euros par an aux Réunionnais. Ce n’est pas le cas des énergies renouvelables qui sont gratuites. Le coût est alors déterminé par celui des infrastructures.
La maîtrise de l’énergie est une des clés de l’économie d’un pays. Il est donc important que les Réunionnais puissent définir eux-même leur politique énergétique.
M.M.
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