La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Conférences
13 mai 2008

Entre le 13 et le 17 mai prochains, l’Association des Amis des Archives, des Bibliothèques et des Musées de La Réunion reçoit Elisabeth Caillet, actuelle responsable des expositions au musée de l’Homme (MNHN) et membre du comité directeur français de l’ICOM, le Conseil international des Musées. Elle a notamment préparé l’exposition Naissances, présentée en 2005-2006 au Musée de l’Homme, réaménagé et rénové autour d’une histoire naturelle et culturelle de l’homme traitant des origines, des singularités de l’espèce humaine et présentant une histoire culturelle de l’humanité.
Commissaire d’exposition, experte en médiation culturelle, Elisabeth Caillet vient animer des rencontres destinées aux professionnels des musées et de la médiation culturelle d’une façon générale.
Elle vient rencontrer les professionnels de La Réunion autour des idées du renouvellement muséal émergées depuis une trentaine d’années sous le nom de Muséologie nouvelle et expérimentation sociale, selon laquelle les musées ont « une autre vocation que celle de conserver une identité en train de disparaître » mais peuvent être « un point de départ de la création et de l’innovation ». Il s’agit d’un mouvement international, d’où sont issus de jeunes conservateurs qui considèrent les publics comme « co-constructeurs de l’exposition ».
Une rencontre est prévue le mercredi 14 mai à 16h30 au Muséum d’Histoires naturelles et une seconde, à Pierrefonds, le vendredi 16 à 14h30 au Pays d’Arts et d’Histoire (Saint-Pierre).
Le public, co-constructeur de l’exposition
Cette nouvelle approche peut être caractérisée par le fait qu’on ne pense plus en termes de savoir qui se construit quelque part et qu’on diffuse ensuite, en termes de diffusion culturelle. On est dans le dialogue entre la culture de ceux qui savent et la culture de ceux qui reçoivent. On prend au sérieux l’idée que le visiteur est un visiteur actif, co-constructeur de ce qu’il voit, de son parcours de visite. Cette idée est développée dans les travaux de chercheurs - Hana Gottesdienner, Jean Davallon, Jacqueline Eidelman ou d’autres - qui parlent de la co-construction du sens d’une exposition et de la notion de visiteur expert.
L’idée de co-construction a sous-tendu l’exposition Naissances*, présentée au musée de l’Homme en 2005-2006. Nous avons souhaité, aussi bien dans l’exposition même que dans l’exploitation d’accompagnements produits autour de l’exposition, qu’il y ait des dialogues. Ces dialogues se sont déroulés avec des scientifiques, des chercheurs qui expliquaient comment on naît, comment un enfant vient au monde dans différentes cultures, et avec des témoignages vivants. En même temps que le discours scientifique, on pouvait entendre à l’aide d’un audioguide les témoignages de femmes qui
racontaient leur accouchement. Il y avait superposition, presque intégration entre le discours scientifique et le discours vécu.
Par ailleurs, un forum, installé à côté de l’exposition et dans un lieu presque aussi grand que celui de l’exposition, a été occupé progressivement par les productions réalisées par des publics co-acteurs.
Cette rencontre entre chercheurs et acteurs a sans doute été possible parce que le sujet, la naissance, est universel, propice à ce genre d’expérience.
À présent, nous souhaitons que discours scientifiques et discours des acteurs associatifs et des publics soient présents, au même plan, sur Internet, afin que l’exposition matérielle se prolonge par une exposition virtuelle**. On peut aussi s’approprier une exposition en voyant la façon dont les visiteurs l’ont vue. Une exposition ne se finit pas au moment où elle ferme ses portes, elle peut avoir une seconde vie, celle de son appropriation et de son public co-acteur, grâce aux nouveaux outils technologiques. On peut évidemment
évoquer l’effet de mode du Web 2.0, c’est-à-dire des nouveaux outils collaboratifs. Toutefois, il me semble qu’on dispose là de moyens qui permettent enfin qu’une exposition puisse s’accroître et se développer indéfiniment.
Cette approche est présente à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration
(CNHI), où les gens viennent et déposent leurs propres histoires, lesquelles s’intègrent aux discours qui ont été produits au moment de la présentation de l’exposition de référence.
Extrait de Culture et Recherche n° 114-115 (2007-2008)
* Élisabeth Caillet a été la chef de projet des expositions du musée de l’Homme de
2003 à 2006, et donc de l’exposition Naissances, gestes, objets et rituels (nov. 2005-sept. 2006). Elle relate cette expérience dans l’ouvrage Accompagner les publics (L’Harmattan, 2007).
** http://www.mnhn.fr/naissances
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