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4 juin, parNos peines
Charte entre l’Etat et la grande distribution à La Réunion
30 août 2008, par

La charte signée jeudi n’est qu’un ’copier-coller’ de celles déjà signées par le gouvernement et la grande distribution en Martinique et en Guadeloupe. Ces trois documents refusent de s’attaquer aux facteurs structurels et rendent les consommateurs les seuls responsables de la lutte pour le pouvoir d’achat.
« Développer au maximum des produits MDD et premiers prix à hauteur d’un objectif qui ne saurait être inférieur à 15% d’ici 2011 » , c’est un des leviers mis en avant pour faire augmenter le pouvoir d’achat des Réunionnais, selon le gouvernement et la Grande distribution.
On peut s’étonner que contrairement à ce qui se passe en France, il ne soit pas question d’agir sur un facteur structurel tel que les marges arrière. Mais il est encore plus révélateur de constater que la charte signée jeudi à la Préfecture soit un "copier-coller" de celles paraphées en Martinique et en Guadeloupe. Comme on peut le constater, mises à part quelques modifications à la marge, l’esprit est le même. Ce qui amène à s’interroger sur la signature de tels documents. En effet, pas besoin d’une charte pour convaincre les consommateurs d’acheter les produits premiers prix lorsque le pouvoir d’achat ne cesse de diminuer !
Par ailleurs, tout comme à La Réunion, les chartes signées en Martinique et en Guadeloupe affichent comme objectif la promotion de produits locaux. Mais ces produits entreront en concurrence directe avec les MDD.
M.M.
Charte en Martinique : seuls deux chiffres changent
Le 4 juin dernier, un représentant du gouvernement avait signé avec les acteurs de la grande distribution en Martinique un accord similaire à celui paraphé jeudi à la Préfecture. Seuls quelques chiffres changent à la marge, mais l’esprit reste : si la population veut augmenter son pouvoir d’achat, elle n’a qu’à acheter des produits premiers prix. Source de la dépêche : Infoantilles.
C’est pour maintenir au moins, améliorer au mieux, le pouvoir d’achat des Martiniquais que la ministre de l’Intérieur et de l’Outre-mer, Michèle Alliot-Marie, a supervisé mercredi soir (le 4 juin 2008 - NDLR) la signature d’une charte entre les représentants de la grande distribution locale et l’État. Ce document engage les deux parties à développer la production locale notamment dans le secteur agro-alimentaire. Il s’agit aussi d’augmenter la part des produits dits MDD, Marque de distributeurs, et les produits premiers prix pour qu’ils représentent 30% des ventes d’ici 2013. Mais surtout, dans cette charte, l’État s’engage à étudier les moyens de modifier les délais de paiement des marchandises. Actuellement, les importateurs antillais doivent régler leurs commandes au départ de l’hexagone, ce qui représente des millions d’euros sur l’eau chaque année. Ils veulent donc pouvoir payer les marchandises seulement quand ils en prennent livraison. Selon les représentants des grandes surfaces, cela contribuerait à réduire les coûts et donc à faire baisser les prix.
Charte en Guadeloupe : modifications à la marge
En Guadeloupe, même discours qu’en Martinique un mois plus tôt : pour baisser les prix, la charte dit qu’il faut augmenter la part des marques de distributeurs dans les rayons. L’objectif est de 30%, mais la date change : 2010. Là aussi, l’esprit est le même : si les Guadeloupéens veulent augmenter leur pouvoir d’achat, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Source de la dépêche : Cap 21.
Une charte à été signée le 17 juillet 2008 en Préfecture entre l’Etat, les représentants de la grande distribution, les représentants des producteurs de Guadeloupe, afin de participer activement à l’amélioration du pouvoir d’achat dans le département, favoriser la distribution de produits de qualité et renforcer la présence des productions et des produits locaux dans le circuit de la grande distribution.
En faveur du pouvoir d’achat, les groupes de grande distribution ont pris l’engagement de renforcer la place des produits de marques de distributeurs et de premier prix, de telle manière qu’ils atteignent 30% de part de marché d’ici 2010.
Par ailleurs, diversifier la gamme de produits offerts devra passer par la vente de davantage de produits locaux de qualité, puisqu’il a été admis que ceux-ci sont sous-représentés en rayon. Ainsi, les producteurs de Guadeloupe pourront écouler leurs marchandises de manière régulière dans des conditions de prix et de commercialisation satisfaisantes.
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