La pétition contre la loi Duplomb a franchi la barre record des 500 000 signatures

21 juillet 2025, par temoignagesceline

Éléonore Pattery, étudiante en Master QSE et RSE (Qualité, Sécurité, Environnement / Responsabilité Sociétale des Entreprise, est à l’origine de la pétition contre la loi Duplomb. Le seuil de 500 000 signatures a été dépassé, a atteignant à l’écriture de cet article plus de 968 000 signatures. Cela devrait permettre à la loi d’être débattue en séance publique si les présidents de l’Assemblée nationale le veulent.

La loi Duplomb pourrait donc être de nouveau inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et être débattue en séance plénière à la rentrée parlementaire (à partir de septembre) sur décision de la conférence des présidents, qui réunit les chefs des groupes inscrits dans l’hémicycle.

Le texte de cette pétition réclame : l’abrogation immédiate de la loi ; la révision démocratique des conditions dans lesquelles elle a été adoptée ; la consultation citoyenne des acteurs de la santé, de l’agriculture, de l’écologie et du droit.

La loi Duplomb, initiée par le sénateur LR du même nom avec l’assentiment de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a été voté contre toute attente, car à l’Assemblée, les députés de droite avaient voté la motion de rejet contre leur propre texte, pour accélérer les débats et passer par la commission mixte paritaire, où ils détiennent la majorité.

Cette commission a débouché sur une version définitive de la loi, pourtant dénoncée comme dangereuse pour la santé des Français par de nombreuses associations, le 2 juillet dernier. Enfin, elle a été adoptée à l’Assemblée nationale le 8 juillet dernier avec 316 voix pour, 223 contre et 25 abstentions.

La gauche s’y est opposée et a saisi le 11 juillet le Conseil constitutionnel, au motif que ce texte est incompatible avec la préservation de l’environnement et le droit à la santé.

Pour Eléonore Pattery, « cette loi est un acte dangereux. Pour les travailleurs, les habitants, les écosystèmes, les services écosystémiques, et pour l’humanité tout entière. Elle fragilise les réseaux trophiques et compromet la stabilité de notre environnement — dont nous dépendons intégralement. Nous sommes ce que nous mangeons, et vous voulez nous faire manger quoi ? Du poison ».

De son côté, Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et membre du Groupe Écologiste et Social, a indiqué face à l’ampleur de la pétition qui « cette réaction d’ampleur démontre l’absence de légitimité démocratique de cette loi Poison qui a été imposée par un passage en force. Nous nous battrons pour que ce débat soit organisé dès la rentrée parlementaire ».

La Ligue contre le cancer a déploré l’adoption définitive, le 8 juillet, de la "loi Duplomb" qui réintroduit l’acétamipride, un pesticide interdit depuis 2018 par la France et qui, d’après des études récentes, est cancérigène.

« La Loi Duplomb est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire. Elle représente une attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire, et le bon sens », pour la première pétitionnaire.

Il faudra désormais attendre la décision de la conférence des présidents de l’Assemblée nationale, de réexaminer ou non sur le fond cette loi contestée. Mais de nombreux observateurs saluent « la démarche d’Éléonore Pattery (qui, ndlr) est une première victoire citoyenne et un premier désaveu pour le gouvernement ».


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