La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
La moitié des jeunes de moins de 25 ans sans diplôme à leur sortie de l’école
10 juillet 2012, par

En 2010, près d’un jeune de 16 à 24 ans sur deux ayant quitté l’école n’avait pas de diplôme. 82% de ces jeunes non diplômés étaient au chômage. C’est la conséquence de la plus grande faillite du système d’éducation.
Ces dernières décennies ont vu l’arrivée à La Réunion d’un système de scolarisation de masse. De pays très en retard dans ce domaine, La Réunion a réussi à se hisser au même niveau que les pays développés d’Europe dans le domaine de l’accès à l’école. Ce changement considérable a eu lieu en même temps qu’un autre bouleversement : le passage d’une société de plantation à une société de services sans qu’une industrie puisse se développer.
L’augmentation du nombre de jeunes scolarisé est allée de pair avec celui du nombre de diplômés. À l’époque où le statut colonial était aboli, La Réunion ne comptait qu’un seul lycée, elle en a plus de 40 aujourd’hui. Cela explique pourquoi le nombre de bacheliers se compte désormais en milliers chaque année.
Sélection et pénurie d’emplois
Parallèlement à l’élévation du niveau de la formation, la crise structurelle a perduré dans l’économie du pays. La pénurie d’emploi sévit depuis déjà plus de 40 ans. Cette situation a entrainé une nouvelle forme de sélection, celle par le diplôme.
C’est ainsi vers les résultats du jeune dans le système éducatif que les regards se sont tournés. Et c’est en fonction de la capacité du jeune à obtenir ou pas le diplôme que se détermine déjà en grande partie la possibilité qu’il a d’avoir un emploi.
Dans notre île, 60% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. Mais pour ceux qui sont sortis de l’école sans diplôme, cette proportion atteignait 82% en 2010, selon une étude de l’INSEE citée dans "Témoignages" du 23 juin dernier.
C’est une sanction supplémentaire qui cible certains jeunes alors que la pénurie d’emploi est déjà considérable.
Des intelligences sacrifiées
Ce contexte de pénurie met en évidence un grave problème au sein du système éducatif. Comment expliquer qu’autant de jeunes quittent la formation initiale sans diplôme ? En 2010, environ 28.000 jeunes âgés de 16 à 24 ans étaient dans cette situation.
Voilà qui pose le problème des moyens et de la méthode.
Les moyens consacrés à la formation initiale sont-ils suffisants à La Réunion ? Les réactions de l’Intersyndicale à l’annonce des créations de postes pour la rentrée répondent par la négative. L’effort doit être bien plus conséquent pour que les équipes pédagogiques, techniques et administratives puissent travailler dans de meilleures conditions, et favorisent ainsi une meilleure réussite des jeunes à l’école.
Concernant la méthode, est-elle adaptée à celle de la réalité de notre pays ? Ce sont en effet les programmes d’un pays éloigné de 10.000 kilomètres de notre île qui sont appliqués à des jeunes qui ont une culture et une histoire différentes.
Ce manque de moyen et la méthode amènent à se demander combien d’intelligences ont été sacrifiées par ce système ?
M.M.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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