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Les chiffres du commerce extérieur confirment l’existence d’un système nécolonial
18 mars 2017, par

Les Douanes ont présenté hier les chiffres du commerce extérieur pour l’année 2016. Ces données confirment l’analyse présentée par le PCR voici un an, lors du 70e anniversaire de la loi du 19 mars abolissant le statut colonial. Elles montrent que le développement ne peut se faire dans le cadre actuel. C’est pourquoi lors de la conférence organisée demain à Saint-Paul, le PCR montrera combien il est nécessaire de se rassembler pour obtenir la responsabilité.
Le 19 mars 2016, à l’occasion du 70e anniversaire de la loi abolissant le statut colonial, le Parti communiste réunionnais a présenté un document dans lequel il faisait le bilan de ce 70 dernières années. Son analyse l’a amené à conclure sur la domination à La Réunion d’un système néocolonial, dont le rôle est de recycler des transferts publics en bénéfices privés. Les sommes versées dans les salaires de la fonction publique et dans les prestations sociales sont en effet largement utilisées pour acheter des produits et des services d’entreprises dont le siège se situe en France. En effet, avec l’intégration dans la France, le capitalisme réunionnais a subi une défaite sans appel. Tous les principaux secteurs sont contrôlés par des capitaux extérieurs, ils sont devenus des filiales de groupes extérieurs. C’est ainsi que sont récoltés les gains obtenus par la bataille pour l’égalité sociale, avant d’être rapatriés vers les pays où se situent les sièges sociaux des maisons mères. Avec un tel système, il est clair que le cadre actuel ne permet pas le développement de La Réunion.
Les chiffres du commerce extérieur apportent un éclairage sur les conséquences de ce système. La Réunion a importé en 2016 pour 5,7 milliards de marchandises, dont 2,9 milliards en provenance de la France. Dans l’autre sens, La Réunion a exporté moins de 0,4 milliards d’euros de marchandises. La majorité vient de produits peu transformés : sucre et poissons notamment. Cela veut dire que les exportations n’apportent pas une importante valeur ajoutée, alors que les marchandises importées sont en majorité des produits finis. C’est la même structure d’échange qu’à l’époque coloniale. Ce qui a varié depuis 1946 est l’augmentation des importations. Elle souligne que la volonté des pouvoirs qui se sont succédé n’a pas été de développer le pays en lui permettant de construire une industrie financée par les acquis de la bataille pour l’égalité. Au contraire, les transferts publics financent les importations venant en grande partie du pays dont ces transferts proviennent. Ces achats sont autant d’emplois financés par les Réunionnais, mais situés à 10.000 kilomètres de notre île.
Les chiffres du commerce extérieur montrent également le poids de décisions qui ont renforcé cette tendance. La suppression du chemin de fer et la construction de la route du littoral voici soixante ans ont imposé l’automobile comme unique mode de transport. L’an dernier, les Réunionnais ont dépensé pour 470 millions d’euros en achat de voitures et de camions. Il est clair que si la construction du tram-train avait suivi son cours conformément au Protocole de Matignon signé en 2007 par la Région et l’État, le besoin en automobiles et en camions aurait été moins important, car le train peut transporter des passagers et des marchandises.
La domination du tout automobile impose d’importer le carburant nécessaire pour faire fonctionner les véhicules. Une part importante des 330 millions d’euros dépensés en achat de carburants est affectée à cela.
Le choix de la politique énergétique renforce aussi cette dépendance aux importations. Une autre partie des importations de produits dérivés du pétrole alimentent les centrales thermiques d’EDF. Quant au charbon venu d’Afrique du Sud pour 38 millions d’euros en 2016, il brule dans les fours des centrales du Gol et de Bois-Rouge.
Le PCR propose une autre politique pour remettre en cause cette tendance. Il préconise d’aller vers l’autonomie énergétique et l’autosuffisance alimentaire. Le but est de produire au maximum ce qui est consommé dans notre île. Ainsi, des sommes importantes resteront dans notre île au lieu de payer des importations. Quant à la part de la consommation qui ne pourra être satisfaite par la production locale, le PCR propose de se tourner vers les pays de la région plutôt que vers l’Europe pour s’approvisionner.
Pour qu’une telle politique puisse être mise en œuvre, des mesures spécifiques à notre île sont nécessaires, ce que ne permet pas le cadre actuel. C’est pourquoi le PCR appelle les Réunionnais à se rassembler pour obtenir la responsabilité.
M.M.
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