La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Nouvelle illustration d’une situation toujours plus difficile
11 octobre 2018, par

Une étude de l’INSEE-Réunion publiée mardi montre l’impact de la réduction des emplois aidés, au travers d’une Note de conjoncture portant sur le second trimestre 2018. C’est l’effondrement du nombre de salariés dans les associations, et une disparition de 4,7 % des emplois publics en un an. Aucune alternative ne permet de compenser la perte due par ce changement de politique du gouvernement. En conséquence, le nombre de salarié continue de baisser à La Réunion, alors que celui des demandeurs d’emploi continue d’augmenter. Ceci rappelle l’urgence de définir une alternative à cette dégradation continue.
Les faits
Dans une Note de conjoncture publiée mardi, l’INSEE note qu’à La Réunion, « l’emploi salarié continue de baisser : - 0,4 % ce trimestre, comme au trimestre précédent. C’est la première fois depuis 2012 que l’emploi salarié baisse deux trimestres consécutivement. En glissement annuel, il diminue de - 1,0 %, alors qu’il progresse de + 0,8 % en France ».
L’INSEE constate que des secteurs sont plus touchés par cette dégradation. « Entre mi-2017 et mi-2018, 4,7 % des emplois publics ont disparu, après - 3,0 % en 2016. En effet, le nombre de contrats aidés baisse depuis mi-2016, ce qui pèse sur l’emploi public ». L’étude relève ainsi que : « dans ces services non marchands, l’emploi se contracte de nouveau au 2e trimestre 2018, en perdant 1200 salariés, soit - 1,1 %, après - 1,5 % au trimestre précédent. Sur un an, 3,3 % des emplois non-marchands ont disparu ».
« L’emploi salarié chute de façon encore plus rapide dans les « autres services » du secteur marchand (- 3,8 % sur un trimestre et - 9,9 % sur un an). Ces activités « d’autres services » se déroulent majoritairement au sein d’associations. Ce secteur, comme les secteurs non-marchands, est particulièrement concerné par la baisse des contrats aidés », constate l’INSEE qui rappelle qu’ « au début du 2e trimestre 2018, 14550 personnes bénéficient de contrats aidés, secteurs marchand et non-marchand confondus, soit 3700 de moins qu’au début du trimestre précédent. Sur un an, la baisse est encore plus marquée : - 11300 contrats aidés ».
Par ailleurs, « l’emploi salarié privé cesse aussi de progresser au 2e trimestre 2018, après + 0,4 % au trimestre précédent. L’emploi privé, pourtant dynamique sur un an (+ 1 %), ne parvient pas ce trimestre à contrebalancer les pertes d’emplois du secteur public ». Ce qui donne dans le détail : « dans le secteur marchand, l’emploi salarié continue de progresser fortement dans les secteurs de l’hébergement et restauration (+ 3,0 % ce trimestre, + 7,2 % sur un an), et de l’industrie agro-alimentaire (+ 1,4 %, + 5,0 % sur un an). Il progresse plus modérément dans les activités financières (+ 1,3 %, + 2,5 % sur un an) et dans le commerce (+ 0,6 %, + 2,1 % sur un an) ».
La Réunion est un pays où les indicateurs sociaux soulignent depuis des décennies une crise profonde. Plus de 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Cela représente donc un nombre proche de 400.000 personnes. Cette situation est tout d’abord le résultat d’un chômage de masse qui existe depuis plus de 40 ans. Cela résulte du refus de Paris d’accompagner La Réunion sur la voie de son développement propre, et de privilégier l’application mécanique du droit commun, avec quelques aménagements qui ne permettent que de retarder la progression de la crise.
Cette situation est encore aggravée par les décisions prises par le gouvernement en fonction de réalités qui ne sont pas celles de La Réunion. Le choix de supprimer les emplois aidés est un exemple. D’après l’étude de l’INSEE, le nombre de salariés a augmenté en France malgré l’application de cette mesure. Cela laisse entendre qu’à 10.000 kilomètres de La Réunion, les effets de la croissance économique peuvent permettre de créer suffisamment d’emplois pour compenser la disparition progressive des contrats aidés.
La moitié de la population abandonnée
Or, force est de constater qu’à La Réunion, malgré des taux de croissance qui se succèdent supérieurs à ceux de la France, cela reste loin de suffire pour créer les emplois nécessaires. La moitié de la population reste mise de côté, condamnée aux périodes de chômage entrecoupées de contrats précaires. Or, les emplois aidés étaient souvent la seule possibilité d’avoir pendant quelque temps un travail permettant d’échapper au chômage. C’est ce recours qui disparaît petit à petit en raison des restrictions budgétaires imposées par le gouvernement aux collectivités, et par son désengagement progressif du traitement social du chômage.
Ceci remet également en cause tout le travail effectué par les associations, qui se trouvent aujourd’hui dans l’incapacité de mener à bien les missions d’intérêt public qu’elles accomplissaient en raison de la fin annoncée des contrats aidés.
Devenus trimestriels, les chiffres du chômage rappellent toujours que le nombre de Réunionnais inscrits à Pôle emploi est supérieur à 180.000. Pour sa part, l’étude de l’INSEE estime le nombre de salariés à 250.000, avec une tendance à la diminution.
Ceci souligne combien La Réunion va dans le mur, avec la perspective d’un nombre de chômeurs supérieur à celui des salariés. Avec une telle répartition des travailleurs, comment La Réunion pourrait-elle garder un minimum de cohésion sociale ?
Une Conférence territoriale
Devant une telle situation, l’appel à du PCR un grand débat pour définir un projet réunionnais adapté au contexte de notre île est plus que jamais une proposition à étudier. Dans sa conférence de presse de lundi, le PCR a rappelé l’importance de solutions réunionnaises à des problèmes réunionnais sans attendre la voix de Paris. Et de souligner que le cadre actuel permet de réunir une Conférence territoriale que le PCR souhaite élargir aux syndicats et aux maires afin que chacun puisse donner son point de vue et présenter ses propositions. Car la responsabilité impose d’agir.
M.M.
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Messages
16 octobre 2018, 08:01, par l’ignorant
C’est affligeant.
Moi je suis sous régime CSP, l’entreprise m’a fait partir ainsi que d’autres collègues car sur le bord de la faillite, d’ailleur elle est en liquidation maintenant.
Je suis en train de créer ma propre entreprise, croyez moi rien n’est fait par aider les créateurs, entre les experts comptables qui se gavent pour sortir un prévisionnel et les banques qui vous donne des rendez-vous à la saint glinglin...
Quand au greffe du tribunal de commerce, 4 à 6 mois pour avoir son KBIS !
C’est vraiment nous prendre pour des imbéciles !
J’ai demandé l’ouverture d’un compte de fonctionnement a la banque pour pouvoir travailler, je ne demande pas de crédit ni de découvert, j’ai dis je mettrai sur ce compte + de 20000€,
J’attends toujours la finalisation de ce compte de fonctionnement depuis 10 jours, autrement dit je ne peux toujours pas travailler !