Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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5 août 2025, par

Le plan d’économies de 40 milliards d’euros annoncé par l’État pourrait frapper durement La Réunion, déjà fragilisée par un fort taux de pauvreté, un chômage persistant et une forte dépendance aux aides publiques. Cette situation résulte d’un modèle inégal hérité du passé colonial. Si les crédits nationaux baissent, les collectivités locales seront en grande difficulté. Il est donc crucial que les élus réunionnais se mobilisent ensemble pour défendre les intérêts de la population face aux choix budgétaires de Paris.
Face au plan d’économies de 40 milliards d’euros du gouvernement, La Réunion risque de subir de lourdes coupes dans les services publics, la santé et l’aide sociale. Cette austérité menace un territoire déjà marqué par la pauvreté et le chômage, conséquences d’un modèle économique néocolonial. Les élus réunionnais doivent s’unir pour exiger que l’État tienne compte des spécificités sociales de l’île et que les Réunionnais soient protégés d’un désengagement de l’État dans leur pays.
Alors que le gouvernement prépare un nouveau plan d’économies drastique de 40 milliards d’euros, les conséquences pour d’anciennes colonies françaises — et en particulier La Réunion — s’annoncent redoutables. A Paris, l’argument officiel pour justifier ces coupes est simple : le déficit public explose. Mais cette dégradation ne vient pas de nulle part. Elle est en grande partie le fruit de plusieurs années de politiques fiscales favorables aux classes les plus aisées, menées au nom d’un hypothétique "ruissellement" vers les plus modestes.
En revanche, les conséquences de ce choix idéologique sont bien rééls. Aujourd’hui, le pouvoir français entend combler le gouffre qu’il a lui-même contribué à creuser… en réduisant les dépenses publiques. Le gouvernement cible notamment les services publics, la santé, les investissements, les retraites l’aide sociale et la construction de logements sociaux : autant de piliers essentiels pour un territoire comme La Réunion, où la précarité et le chômage frappent bien plus durement qu’en France.
Avec plus de 30 % de la population sous le seuil de pauvreté, un taux de chômage qui explose, une forte dépendance aux transferts sociaux et aux investissements publics, La Réunion vit sous tension permanente. Ce déséquilibre structurel est la conséquence d’un système économique néocolonial qui perpétue la dépendance économique du pays. Dans ce contexte, un désengagement budgétaire de l’État ne fera qu’aggraver des inégalités déjà criantes.
Les premières projections du projet de loi de finances sont inquiétantes. Elles laissent présager des baisses significatives de crédits alloués aux collectivités locales, aux programmes sociaux et aux services publics. À terme, ce sont les communes, le Conseil départemental et la Région qui devront tenter de compenser ce manque à gagner. Mais avec quels moyens ? Sans un soutien clair et massif de l’État, l’asphyxie budgétaire semble inévitable.
Face à cette menace, le silence ne peut être une option. Il appartient désormais aux élus réunionnais — députés, sénateurs, présidents de collectivités, maires — d’interpeller collectivement le gouvernement. Un front uni doit se former, au-delà des clivages politiques, pour exiger que La Réunion soit épargnée par la rigueur budgétaire aveugle.
La situation sociale et économique de l’île n’est pas une variable d’ajustement. Elle doit, au contraire, être reconnue comme une priorité . D’ailleurs, l’Union européenne, dans ses traités ratifiés par la France, reconnaît explicitement les spécificités sociales et économiques des régions ultrapériphériques comme La Réunion. Cet engagement doit se traduire dans les actes et non dans de simples déclarations de principe.
Un rassemblement des élus est donc vital. Il ne s’agit pas d’un simple geste symbolique, mais d’un levier politique essentiel pour faire entendre la voix de La Réunion à Paris. Car si le gouvernement met en œuvre son projet tel quel, sans prendre en compte la réalité , c’est tout l’équilibre social de La Réunion qui sera mis en péril. Derrière les chiffres et les lignes budgétaires, ce sont des familles, des jeunes, des personnes âgées, des patients, des demandeurs d’emploi qui verront leur quotidien encore plus fragilisé.
La Réunion ne peut pas, et ne doit pas, être sacrifiée sur l’autel de l’austérité. Il est temps que l’État assume ses responsabilités et qu’il garantisse à l’île les moyens de répondre aux défis immenses qui sont les siens. Pour cela, il faut une mobilisation forte, rapide et déterminée des élus réunionnais.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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