Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
20 août 2004

Le retard de notre académie en personnel technique, ouvrier ou de service (TOS) ne date pas d’aujourd’hui. Alors que, depuis vingt ans, Région et Département prennent leurs responsabilités en accélérant le rythme de construction des collèges et lycées, l’État, pour sa part, n’a pas assumé totalement les siennes, en ne dotant pas La Réunion en nombre suffisant de TOS, voire en les recrutant comme des CES ou des CEC.
Un des faits majeurs apparus au cours de ces dernières semaines, dans le débat ouvert sur le transfert des TOS, a été la reconnaissance par le gouvernement d’un retard d’effectif entre les DOM et la Métropole. La proposition d’en faire une évaluation puis de combler le déficit avant tout transfert a été avancée.
Des données ont circulé quant au retard réunionnais. Au cours d’une conférence de presse, le recteur a indiqué qu’il manquerait à La Réunion environ 300 TOS. Dans des commentaires à sa propre décision, le Conseil constitutionnel évalue le retard réunionnais à moins 28%, soit un pourcentage qui correspond à peu près au chiffre donné par le recteur. Ces données peuvent être contestées, et elles le sont par les organisations syndicales qui proposent une autre évaluation.
Qu’importent les chiffres avancés, l’essentiel tient à ce que désormais on reconnaît l’existence d’un important retard.
Une première conclusion s’impose : ce retard n’a pu été creusé en quelques années. Il s’est étalé et accumulé sur 10 sinon 20 ans. Il n’est pas insensé de penser qu’il s’est accéléré lorsque, habilités à le faire par les premières lois de décentralisation, le Conseil général comme le Conseil régional ont construit à un un rythme soutenu collèges et lycées. C’est alors que la dotation en TOS n’a pas suivi. L’écart entre la demande et l’offre s’est certainement fait là et s’est aggravé au fil des années.
Autrement dit, dans le domaine de l’enseignement, les collectivités locales ont assumé leurs responsabilités avec plus ou moins de bonheur - y compris en construisant des établissements de haute qualité technologique - tandis que l’État n’a pas entièrement assumé ses propres responsabilités.
Circonstance aggravante : l’État a embauché une masse importante de précaires, des personnes embauchées comme CES ou CEC pour tenir le rôle de TOS.
Le constat d’un décalage entre la demande et l’offre peut être élargi : dans le personnel enseignant, on enregistre aussi de très forts retards.
Dernièrement, au cours d’une conférence de presse, Paul Vergès rappelait que la bataille pour obtenir le rattrapage des retards en équipements et en personnels a débuté, grosso-modo, il y a dix ans. C’est dans le secteur de l’Éducation nationale que la revendication a été la plus forte. Le président du Conseil régional soulignait aussi les réticences gouvernementales à combler les déficits. Au cours de ces dernières années, il y a eu en tout et pour tout un seul plan de rattrapage d’enseignants.
Au cours de ces vingt dernières années, les majorités qui se sont succédé à la Région comme au Département, toutes tendances politiques confondues, ont rempli leurs missions. Pendant la même période, l’État, tous gouvernements confondus, a laissé se creuser le déficit en personnels.
La perspective d’un rattrapage se profilait au moins pour les TOS et la bataille de la mise à niveau d’effectifs ou d’équipements aurait pu y puiser des arguments. Le recours socialiste et la décision du Conseil constitutionnel remettent sérieusement en cause cette perspective.
Nos peines
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