Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
9e Congrès du PCR – 5 février 2017 à Sainte-Suzanne
20 janvier 2017, par

Selon l’INSEE la situation sociale à La Réunion est « hors normes ». Toujours selon l’INSEE « La Réunion est le département de la République où les inégalités sont les plus grandes ».
Le constat est sans appel. En effet, il suffit de se rappeler les chiffres du chômage, des personnes mal logées ou en attente d’un logement, de celles frappées d’illettrismes ou de pauvreté pour s’apercevoir que notre île détient des records. Le pire c’est que cette situation va s’aggraver avec la crise sucrière qui s’annonce (fin des quotas et du prix garanti du sucre) et les conséquences sur toute notre production des accords de partenariat économique signés par l’Union européenne et les pays africains voisins. Dès lors, l’urgence sociale est une priorité. De ce point de vue nous formulons les propositions suivantes.
a) Le chômage : des mesures exceptionnelles sont nécessaires pour faire respecter le droit à l’emploi de tous les Réunionnais :
- moratoire pour le recrutement dans la fonction publique (loi d’expérimentation) ; - passage obligatoire par Pôle Emploi pour le recrutement dans le privé ;
- gestion prévisionnelle de l’emploi par une Conférence Permanente de l’Emploi.
b) Lutte contre la vie chère : contrôle rigoureux de la formation des prix (de l’usine au consommateur), produire un maximum de ce que nous consommons à La Réunion, et possibilité de s’approvisionner plus près de chez nous et moins cher (à condition d’avoir des compétences élargies pour pouvoir passer les accords commerciaux).
c) Lutte contre les inégalités. La vie est chère et elle l’est pour tout le monde. Depuis 70 ans, la majorité des travailleurs et les minima sociaux ne perçoivent pas un complément de revenu attribué seulement à une catégorie de travailleurs. Personne ne peut accepter que cette injustice perdure. Pour lutter contre ces inégalités, la Cour des Comptes propose d’établir un différentiel du coût de la vie entre la France et La Réunion, à partir duquel une nouvelle politique des salaires et des revenus (y compris les minima sociaux, les retraites et les revenus agricoles) doit être élaborée pour les nouveaux emplois et bénéficiaires, sans toucher aux acquis des bénéficiaires actuels. Les économies réalisées doivent être ré-investies à La Réunion, comme le préconise la Cour des Comptes. A ce sujet, le PCR propose qu’elles contribuent à alimenter le Fonds de Développement.
d) Mise en place d’une gestion démocratique du dispositif des “emplois aidés” afin que ceux-ci deviennent pérennes, échappent au système humiliant du clientélisme et qu’ils soient prioritairement orientés vers les activités d’aide à la personne et de protection de l’environnement.
e) Pour une politique du logement audacieuse, basée sur :
- la mobilisation du foncier, de l’état, des collectivités, la lutte contre la spéculation foncière (taxation et préemption), sauvegarde des terres agricoles ;
- l’appel à des projets innovants, écologiques et à bas coûts ;
- l’appel à l’auto-construction (avec un accompagnement approprié).
f) Pour une politique d’accès à la santé pour toutes et tous, notamment en faveur des personnes vulnérables.
Sur ces propositions je ferais quelques remarques.
1 : Qu’entend-on par le terme « moratoire » pour le recrutement dans la fonction publique ? A La Réunion le chômage frappe beaucoup de jeunes, notamment de jeunes diplômés : bac, licence, maîtrise et plus. Dans les fonctions publiques, La Réunion recrute chaque année des centaines et des centaines d’agents sur concours. Nous proposons que ces concours sur une période de 10 ans à 15 ans soient réservés aux diplômés de La Réunion. Cela s’est fait par le passé dans les années 60-70 avec le concours de recrutement des instituteurs remplaçants (le CRIR) titulaires d’un Brevet élémentaire. Cela a permis de recruter des milliers d’enseignants et d’assurer la scolarisation de tous les enfants de La Réunion. Ce principe a inspiré Michel Rocard, alors Premier ministre, pour fournir à la Nouvelle-Calédonie dans les meilleurs délais les cadres administratifs dont elle avait besoin.
Quand la situation est exceptionnelle il faut des mesures exceptionnelles. Le moratoire en est une. On peut la mettre en œuvre grâce à la loi d’expérimentation prévue dans la Constitution de la République.
2 : Quand nous évoquons les « emplois aidés » orientés spécifiquement dans l’aide à la personne et la protection de l’environnement, nous pensons à la création de deux grands services d’intérêt public dans ces domaines. Des dizaines de milliers d’emplois pérennes peuvent y être crées, car les besoins sont considérables et ils sont d’une urgente nécessité.
Johnny Lagrange
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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Messages
20 janvier 2017, 10:38, par Michel M
Pour une place au soleil, les lauréats des concours nationaux vont crier au scandale si la préférence régionale est mise un jour en avant. Chaque année, nous voyons des centaines de Réunionnais immigrer en métropole, dans l’incertitude et le froid alors qu’ici des postes sont libres, puis affectés à des non résidents. Personnellement, je n’ai rien contre les autres qui viennent d’ailleurs, occuper un emploi ici. Avant tout, nous sommes des citoyens de la planète Terre, et en tant que Terrien nous pouvons nous installer ou bon nous semble. Sauf, lorsqu’on est accepté dans une région en crise de logement et d’emploi , nous devons peut être nous poser la question : comment faire pour ne pas accroître la frustration des résidents qui survivent malgré le chômage et l’inflation ? Quelle attitude à adopter face à des parents d’enfants sur-diplômés et chômeurs ? Quelle est ma part de responsabilité dans la situation catastrophique de cette île ? Est ce que je dois savourer mon confort de fonctionnaire, sans me culpabiliser du sort de ceux qui méritent amplement d’occuper un emploi identique, ceux qui méritent cette place, au plus prés de leur famille ? Comment puis je priver des jeunes Réunionnais de postes de responsabilité qu’ils méritent après tant d’efforts et de sacrifices sur les bancs de l’université, tout ça pour une place au soleil ?
Michel.M