Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Paul Vergès s’adresse à la foule
3 avril 2004

Pour permettre les discussions et le choix des vice-présidences, la loi impose après l’élection du président une pause de soixante minutes, pendant laquelle Paul Vergès est venu rencontrer le public, dans le hall de la Pyramide inversée. Tous étaient venus pour l’encourager, lui les félicitait pour leur victoire. Il déclarait à propos de son élection : « c’est d’abord le résultat de votre vote ».
Il insistait sur un point historique : "le 28 mars, nous avons mis le vote à un niveau jamais atteint : 135.700 voix... Eséy roprézant azot le 28 mars... De Cilaos, à Saint-André, partout à La Réunion, ce jour-là 135.700 hommes et femmes ont quitté leur maison pour aller porter dans les urnes le même bulletin de vote pour sauver La Réunion. En tout, ce sont plus de 200.000 personnes qui se sont levées pour dire non à la politique de Raffarin. Il nous faut désormais voir comment, jour après jour, combattre la politique de Raffarin".
Au jour d’aujourd’hui, le premier combat qui se présente est celui des aides-éducateurs et Paul Vergès y faisait aussitôt référence : "Des aides-éducatrices se battent en ce moment pour conserver leur emploi". Il joignait à cette cause celle des TOS : "Si nou lès fèr, c’est des centaines de travailleurs dans les collèges et les lycées qui seront abandonnés par l’Éducation nationale et placées sous la responsabilité des collectivités".
Le président de la Région concluait : "Tous les jours, il faudra se battre. Nous avons besoin de l’union de tout le monde. Nous avons pris la bonne direction. Vous avez mis un grand coup de pied dans la fourmilière, maintenant tout le monde court de tous côtés. Le souffle populaire est arrivé dans les mairies, les Conseils régionaux et généraux, jusqu’à l’Assemblée nationale. Nous n’avons jamais connu dans notre île - depuis 1945-46 - un tel mouvement populaire. Si nous gardons cette union, lavenir lé azot dan La Réunion".
Dans le hall de La Région
Les élections d’hier étaient diffusées en direct à la télévision. D’autres ont voulu vivre pleinement ce moment historique en se rendant à l’Hôtel de Région. Le hall était rempli par plusieurs dizaines de personnes.
Parmi elles, il y avait des invités, comme Jean-Yves Minatchy, président de la CGPER. Pour lui, "le discours du président était excellent. En ce qui concerne le monde agricole, il a bien démontré qu’il faut se rassembler car l’agriculture réunionnaise est en danger face à la remise en cause du DOCUP et à l’élargissement de l’Europe. Nous, dans l’océan Indien, nous sommes la Région ultra-périphérique la plus menacée. Contrairement aux autres, nous souffrons du handicap de l’éloignement et notre agriculture est particulièrement menacée par la concurrence des pays de la zone".
Dans le public, il y avait aussi des citoyens comme Carl Atchama et Dompy Klébert. Les deux amis sont venus ensemble depuis Piton Saint-Leu pour assister à l’élection du nouveau président du Conseil régional. Pour le premier, en regard de la vie actuelle à La Réunion, cette victoire "va permettre de continuer la lutte pour défendre La Réunion". Pour le second, La Réunion a la chance d’avoir "un bon président pour six ans", ce qui lui donne le sourire et le rassure. Tous deux seront très attentifs à la suite des événements.
Madame Binti Ali, elle, était de l’autre côté de l’assemblée. La journée d’hier, loin d’être la fin de la lutte, était au contraire pour elle "le début du combat". Elle aussi a trouvé le discours du président très intéressant. Elle se dit très contente car cette présidence, elle l’avait souhaitée depuis le début. "Monsieur le président Paul Vergès", insiste-t-elle, "a fait un bon discours. Il est avec le peuple. Maintenant on doit travailler pour notre pays. Si tout le monde s’y engage, c’est bien. Il faut préparer l’avenir pour nos enfants et nos petits-enfants".
Seule fausse note : excédés par les insultes et les injures des représentants de l’UMP pendant toute la campagne électorale, les partisans de l’Alliance ont invectivé certains élus de l’opposition à leur sortie. Paul Vergès l’a regretté publiquement sur les ondes de Télé-Réunion. On aimerait que les dirigeants et les élus des autres tendances politiques aient les mêmes positions de principe devant de tels faits.
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