Après la protestation, où est le projet pour sortir La Réunion de la pauvreté ?
25 juillet, parCombattre les causes du chômage de masse
La transition démographique inachevée — suite —
23 octobre 2012

Hier nous avons exposé une partie du reportage et aujourd’hui, voici la deuxième partie.
La Conférence était présidée par Yvan Dejean qui a tenu à souligner devant l’assemblée tout le plaisir qu’il avait d’être là et de partager avec les présents ce moment de l’histoire réunionnaise. Il a fait une courte introduction avant de présenter successivement chaque intervenant. A la fin, il a organisé le débat durant une bonne heure. Il nous livre ici ses premières remarques.
« La conférence de ce jour fait partie d’un cycle commencé par la présentation du livre de Ary, "Réconciliation et Fraternité", écrit et publié en 2009, il y a 3 ans. Il en a déjà tenue 6. Mais au fur et mesure de la réflexion, la date du 21 octobre lui est apparu comme essentiel pour comprendre le choix de nos aînés qui se sont heurté au pouvoir parisien, soutenu ici par les possédants.
Une première conférence avait eu lieu à Saint-Denis, il y a 2 ans, sur ce thème du 21 octobre 45.
Aujourd’hui, Ary nous appelle à prendre en main le destin d’un million d’habitants, à partir de l’esprit du "bien commun" qui doit aider à fonder la réconciliation entre Réunionnais et avec leur histoire, pour aller vers une Réunion Fraternelle. »
« Nous connaissons nos marqueurs historiques : le 20 décembre et le 19 mars. Nous connaissons moins le 21 octobre 1945. Ce jour-là, nos aînés votent, et décident de leur destin » a souligné Yvan Dejean. Puis Julie Pontalba a expliqué l’importance de ce vote.
Des entraves ont été posées sur la route ouverte par nos aînés. Conséquence : la situation générale s’aggrave sous un modèle différent de ce qui était prévu. Rishamb Badroudine a exposé les enjeux de la situation.
Enfin, Ary a ouvert la réflexion sur la manière d’aborder l’accueil du million de Réunionnais. Il a parlé de la nécessité d’une nouvelle : la rupture historique.
Après les exposés, un débat s’est ouvert avec la salle.
| 1er janvier 1947 : l’alignement des lois sociales ? Lors de l’exposé de Julie Pontalba, 2 documents historiques ont été présentés : le texte de la loi du 19 mars et un extrait du discours de Raymond Vergès qui dénonçait le refus du Ministre d’appliquer l’article 3 qui prévoyait l’alignement des lois sociales au plus tard au 1er janvier 1947. C’est la jeune Mélissa Madouré qui s’est chargée de donner lecture de la preuve flagrante que les rapports coloniaux n’étaient pas rompus. Voici un extrait du discours prononcé en juillet 1947 par le Docteur Raymond Vergès. « Mesdames, Messieurs, Je me permets de rappeler qu’à la suite de la loi du 19 mars 1946, transformant les vieilles colonies en départements, il y eut au ministère de la France d’Outre-mer, une réunion comprenant les députés intéressés ainsi que les délégués des divers ministères, sous la présidence de M. Marius Moutet. Le président ouvrit la séance en faisant remarquer que, dans cette opération d’assimilation, les Antilles et La Réunion seraient perdantes, et insista longuement, trop longuement même, sur les difficultés de mise en place des nouveaux départements Le Directeur du Cabinet de l’Intérieur, M. Pisani, avec une certaine véhémence, prit le contre-pied de la thèse de M. Marius Moutet, se faisant fort, en ce qui le concernait, de mener l’assimilation dans le délai envisagé, soit le 1er juillet 1946. Et les délégués des autres tinrent ensuite un langage analogue. Devant cette attitude, nous nous élevâmes contre le délai du 1er janvier 1947 réclamé par M. Moutet. Ce faisant nous entendions marquer que si on n’avait pas fini le 1er juillet 1946, le nouveau délai ne devait même pas atteindre le 1er janvier 1947. Or, au 1er juillet 1946 rien n’avait été fait : au 1er janvier 1947 également ; de même au 1er juillet 1947, où l’on réclame la prorogation au 1er janvier 1948. Autant M. le ministre d’Etat Delbos, depuis qu’il a la charge de la coordination des mesures d’assimilation, a mis de la bonne volonté dans ce travail, autant nous avons l’impression que le Ministre de la France d’Outre-mer y apporte de mauvaise volonté. Qu’il s’agisse de territoires réclamant la sauvegarde de leurs caractères spéciaux, de leur génie propre, qu’il s’agisse de territoires demandant leur complète intégration, c’est invariablement la même fin de non recevoir, si bien qu’on est en droit de croire que M. le Ministre de la France d’Outre-mer veut, en dernière analyse, ne nous donner que la paille des mots pour maintenir, en fait, le régime méprisable qu’on flétrit du nom de colonialisme. En tous cas, la répercussion de ces méthodes en dehors de la Métropole s’avère désastreuse ; et malheureusement ce comportement, dont l’entière responsabilité incombe à M. Moutet, ne manquera pas d’être porté au compte de la France… » |
Combattre les causes du chômage de masse
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