30e anniversaire de l’alerte lancée par Paul Vergès sur la crise climatique

Le 5 septembre, rendez-vous au Parc Boisé du Port

20 août, par Ary Yée-Chong-Tchi-Kan

C’est un lieu très symbolique qui a été choisi pour célébrer le 30e anniversaire de l’alerte lancée par Paul Vergès, lors de la conférence de presse du 4 septembre 1996.

Un rappel des faits

Les camarades de Saint-Denis ont consacré la matinée du 14 juillet pour examiner un programme d’activités liant 3 événements historique :

- 4 septembre 2026 : 30e anniversaire de la Conférence de Paul Vergès sur le réchauffement climatique.
- 4 novembre 2026 : dixième anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité sur le Climat.
- 12 novembre 2026 : dixième anniversaire du décès de Paul Vergès.

L’analyse des faits

Ils sont largement connus. Le rappel permet de rafraîchir la mémoire. Cependant, avec 30 années de recul, 1996-2026, une mise en perspective historique est absolument nécessaire pour tirer des leçons de la pratique politique et nourrir la connaissance théorique.
En clair, Paul Vergès a-t-il eu raison de lancer cette alerte ? D’où vient son haut degré de conscience ? Comment a-t-il agi pour faire jouer à La Réunion, aux Réunionnais et aux communistes un rôle de premier plan sur un sujet qui agite le monde entier, experts scientifiques et dirigeants politiques ?

L’entrée en vigueur du Traité de Paris sur le Climat, le 4 novembre 2016, soit moins d’un an après son adoption, le 12 décembre 2015, par la COP21, témoigne d’une accélération de la conscience universelle. Dans ce contexte, nous n’échapperons pas aux 2 rendez-vous déjà inscrits au calendrier : les Objectifs du Millénaire du Développement Durable, dont la priorité est l’éradication de la pauvreté, et la trajectoire neutralité carbone à l’horizon 2050, soit dans 25 ans.

La critique politique

Il n’y a pas de génération spontanée. L’éveil de conscience de Paul Vergès est dû à l’éducation reçue de son père. Il l’explique dans le livre de Gilles Bojan, « Vergès, l’immortel », paru en février 2016.
Pour notre travail de communiste, versons au dossier, la conquête de la Commune du Port en 1971. Après la victoire, il devait prendre des décisions exceptionnelles et inédites pour baisser la température de la ville. La population vivait dans un amas de bidons de goudron recyclés. En plus, de la misère.

Il prépare une délibération qui analyse la situation extrême et fixe les orientations d’une ville moderne pour accueillir une population de 40 000 habitants, à l’horizon d’un demi-siècle. Des étudiants en urbanisme sont venus étudier le cas du Port. Combien de prétendants réunionnais à la fonction élective ou de cadre administratif ont-ils fait l’effort d’étudier la stratégie du Port ? L’objectif principal devait baisser la température de 3 degrés ! Par comparaison, le Traité sur le Climat vise à contenir l’augmentation de la température moyenne sur toute la planète et durant tout ce siècle entre 1,5 °c et 2 degrés.

Sur une frise historique, nous pouvons noter que 1971 se situe 25 ans avant 1996. Ainsi, la prise de conscience de Paul Vergès a été nourrie par l’expérience pratique. Le Parc boisé est au cœur de cette stratégie. Il comporte 2 collines et un bassin. Il s’étend sur 17 ha de terrain, sur une petite commune de 17 km2 seulement. C’est fort de cette expérience, qu’au moment décisif, en 1996, il lance une bataille mondiale, en pleine campagne législative partielle et il ne donne pas de consigne de vote.

Le 12 novembre, il faudra bien faire le bilan d’une décennie manquée. Le réchauffement climatique poursuit son chemin. Il annonce un changement de civilisation quand la plupart des Réunionnais n’arrivent pas à dépasser la relation avec Paris.

Ary Yée-Chong-Tchi-Kan

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