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7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Un vote de confiance des députés sur un programme pour lequel les électeurs n’ont pas voté
5 septembre 2014

Le 16 septembre prochain, les députés diront s’ils soutiennent ou pas la politique du gouvernement. L’issue de l’adoption de fait guère de doute car en cas de rejet de la déclaration de politique générale, de nouvelles élections législatives seraient difficilement évitables. Mais le changement de cap du gouvernement ne pose pas seulement un problème de conscience à des députés socialistes, il souligne aussi une question de démocratie.
Depuis 15 jours, le changement de cap de la politique du gouvernement est clairement affiché. Dans "le Monde", François Hollande a donné la ligne. Quelques jours plus tard, des ministres font publiquement étalage de leur divergence. Le lendemain, Manuel Valls présente la démission du gouvernement. Il est confirmé aussitôt dans ses fonctions. La nouvelle équipe dirigeante ne comprend plus de contestataires. C’est même un proche de François Hollande qui est nommé au ministère de l’Economie.
Le lendemain de la présentation du nouveau gouvernement, le Premier ministre est ovationné par plusieurs milliers de patrons à l’université d’été du MEDEF. Depuis, plusieurs déclarations de ministre ont confirmé l’orientation libérale. Le ministre du Travail a ainsi plaidé pour la surveillance des chômeurs.
Ce sont autant de faits qui n’auraient étonné personne sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
Là où le bat blesse, c’est quand cela vient d’un gouvernement nommé par un président qui s’est fait élire avec le mot d’ordre "le changement c’est maintenant". Cela annonçait clairement la rupture avec Nicolas Sarkozy, son cadeau fiscal de 15 milliards d’euros aux riches dès le début de sa mandature, et la poursuite d’un plan drastique de réduction des dépenses publiques.
Force est de constater que la rupture promise n’est pas venue. Le Pacte de responsabilité va même bien plus loin que Sarkozy en terme d’aide sans contrepartie aux entreprises.
Quelles que soient les raisons qui amènent à ces choix, ils ne sont pas ceux pour lesquels les électeurs ont voté en 2012.
A La Réunion, le décalage est encore plus fort. Le candidat Hollande avait promis le tram-train et le soutien aux grands projets retardés par la trahison des socialistes aux régionales de 2010. C’est une des raisons essentielles des 71% des suffrages recueillis par le candidat du changement au second tour de la présidentielle à La Réunion.
Le 16 septembre, le Premier ministre soumettra au vote des députés une politique bien différente des engagements pris lors de la présidentielle et des législatives. Les députés socialistes contestataires, les frondeurs, semblent se diriger vers l’abstention. Ils ne veulent pas faire tomber le gouvernement, ce qui déboucherait sans doute sur un renouvellement des députés de l’Assemblée nationale.
C’est donc un problème de démocratie qui est clairement posé. Comment un système présenté comme démocratique peut-il accepter qu’un pouvoir élu fasse le contraire du programme qui lui a permis d’être élu ? Le vote du 16 septembre va donc encore accentuer la crise politique en France.
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