MEDEF Réunion : projet réunionnais centre du débat de la présidentielle à La Réunion
3 septembre, parUn manifeste construit à La Réunion
Un manifeste construit à La Réunion
3 septembre, par

Le MEDEF Réunion veut profiter de la présidentielle pour poser une question qui dépasse les seuls intérêts des entreprises : qui doit décider du développement de La Réunion ? Pour sa présidente Katy Hoarau, le projet ne peut plus être élaboré à Paris puis appliqué localement. Un manifeste construit à La Réunion entend placer la souveraineté économique et la capacité des Réunionnais à choisir leur avenir au cœur du débat de 2027.
« Ce projet a été conçu à La Réunion. » Dans cette phrase de Katy Hoarau, invitée de la Matinale de Réunion La 1ère le 31 août, se trouve l’idée centrale du manifeste présenté par le MEDEF Réunion aux candidats à la prochaine présidentielle.
Depuis un an, l’organisation patronale travaille sur un projet destiné à renforcer la solidité de l’économie réunionnaise. Mais derrière les propositions économiques apparaît une question politique majeure : La Réunion doit-elle continuer à attendre de Paris les solutions à ses problèmes ?
Pour Katy Hoarau, la réponse est non. Elle revendique une démarche partant du territoire, de ses besoins, de ses capacités et de ses acteurs. Il ne s’agit plus d’attendre qu’un gouvernement définisse depuis Paris ce qui serait bon pour La Réunion, avant de demander ensuite aux Réunionnais de l’appliquer.
Le mot employé par la présidente du MEDEF est celui de « souveraineté ». Elle l’applique notamment aux secteurs vitaux : énergie, eau, alimentation, santé, déchets, connectivité. Autant de domaines où les dépendances extérieures fragilisent le territoire et peuvent, en cas de crise, menacer directement son fonctionnement.
La souveraineté vise à disposer de plus de capacités locales pour produire, décider, investir et répondre aux besoins essentiels de la population. Produire plus à La Réunion, créer davantage de valeur sur place et développer les emplois : cette orientation permettrait aussi de réduire certaines dépendances qui pèsent lourdement sur l’économie.
Le constat impose d’agir. Le MEDEF Réunion estime que la situation économique s’est suffisamment dégradée pour rendre nécessaire un plan de relance dès 2027, notamment dans le logement et le BTP. Mais Katy Hoarau refuse que cette relance se traduise par une nouvelle succession de mesures décidées sans visibilité. Elle demande d’abord le maintien des dispositifs permettant aux entreprises réunionnaises de rester dans le jeu, puis une loi d’orientation et de programmation donnant un cadre stable au développement.
Cette exigence de stabilité renvoie à une autre forme de souveraineté : la capacité à construire un projet dans la durée.
Le manifeste sera donc présenté aux candidats à la présidentielle avec une question volontairement directe : quelle place accordent-ils à La Réunion dans leur projet pour la France ?
L’enjeu dépasse le MEDEF. Car construire un projet réunionnais suppose de rassembler largement les forces économiques, sociales, politiques et citoyennes du pays. Katy Hoarau appelle à cette démarche collective, convaincue que l’identité réunionnaise peut constituer un point d’appui.
Il y a là une rupture avec une vieille logique : celle d’un territoire considéré essentiellement comme un espace où l’État déploie ses politiques nationales. La Réunion possède des compétences, des ressources humaines, des savoir-faire et une capacité d’initiative. Pourquoi son avenir devrait-il être pensé ailleurs ?
La question de la souveraineté devient ainsi une question démocratique. Décider de l’énergie, de l’eau, de l’alimentation, du logement, des transports ou de l’emploi, c’est décider des conditions de vie de la population.
« Il s’agit dans un premier temps de changer de regard », affirme Katy Hoarau. Changer de regard, c’est peut-être aussi considérer enfin les Réunionnais non comme de simples bénéficiaires de politiques publiques conçues à plusieurs milliers de kilomètres, mais comme les acteurs capables de définir leur propre projet de développement.
À l’approche de 2027, le débat posé est donc essentiel : que feront les candidats de la proposition réunionnaise ? Et surtout, accepteront-ils que le projet pour La Réunion soit d’abord construit par celles et ceux qui y vivent ?
M.M.
Un manifeste construit à La Réunion
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