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par le Dr Raymond Vergès

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Le PCR appelle à l’union et à la responsabilité : aux Réunionnais de définir une nouvelle gouvernance de La Réunion

Pour le PCR, le résultat de la présidentielle à La Réunion est le rejet d’un système politique plus que celui d’Emmanuel Macron

jeudi 28 avril 2022, par Manuel Marchal


Pour le PCR, la raison principale du succès de l’extrême droite au second tour de la présidentielle à La Réunion, aux Antilles et en Guyane est « le rejet d’un système politique », celui de l’intégration où les décisions nous concernant sont prises à Paris. Le PCR estime qu’il appartient aux Réunionnais de proposer un nouveau système pour faire face aux défis de La Réunion. La Conférence territoriale élargie aux forces vives réunionnaises peut être le lieu d’élaboration d’un projet réunionnais qui sera ensuite traduit sous la forme d’une loi-programme spécifique à notre île.


Trois jours après le second tour de l’élection présidentielle qui vit l’extrême droite arriver en tête à La Réunion, le Parti communiste réunionnais organisait hier une conférence de presse. Le PCR était représenté par son président, Elie Hoarau, par Julie Pontalba, membre du Comité central, et par Nadine Gironcel et David Gauvin, membres du Comité central et candidats du PCR aux élections législatives.
Julie Pontalba souligne tout d’abord que « le résultat de la présidence tranche avec ce que l’on a connu. A situation exceptionnelle, intervention exceptionnelle » : le PCR a décidé de s’exprimer publiquement lors d’une conférence de presse marquée par la participation d’Elie Hoarau, président du Parti communiste réunionnais.
En effet, lors du second tour de la présidentielle 2017 à La Réunion, Emmanuel Macron avait obtenu 60 % des suffrages contre 40 % en 2022. Comment l’expliquer ?

« Le rejet d’un système politique »

A La Réunion, « après le résultat du premier tour, on s’attendait que Le Pen soit en tête au second », indique Elie Hoarau, « la surprise était son score, compte tenu du soutien des maires à Emmanuel Macron ».
« Les commentaires insistent sur le rejet de Macron. Mais ce que la population a rejeté en masse, c’est la situation à La Réunion. Cette situation sociale explique aussi les émeutes aux Antilles, le vaccin contre le coronavirus n’était pas la cause principale », indique le président du PCR.
Il rappelle que « ce n’est pas en 5 ans que La Réunion a connu plus de 130.000 chômeurs, plus de 30.000 familles en attente d’un logement social, 40 % de la population sous le seuil de pauvreté ou plus de 110.000 illettrés ».
Le résultat de l’élection présidentielle à La Réunion montre « le rejet d’un système politique qui a abouti à cette situation, c’est le même système aux Antilles et en Guyane. Le PCR lance un appel, allons au fond des choses. Le PCR pense depuis longtemps que la politique d’intégration allait montrer ses limites. La présidente de la Région dit aussi que ce système a atteint ses limites ».
Le président du Parti communiste réunionnais ajoute que « c’est très facile de se défausser sur Macron et ne pas voir que l’on a cautionné ce système ».

« Prenons nos responsabilités, c’est le moment de le faire »

Depuis 1959, le PCR propose la responsabilité des Réunionnais plutôt que l’intégration. Le PCR revendiquait l’autonomie, et fut alors l’objet d’une sévère répression. Le résultat de la présidentielle montre pourtant que « c’est à nous de trouver nous-mêmes un nouveau système pour faire face aux défis de La Réunion ».
Pour le PCR, il existe une possibilité institutionnelle pour que les Réunionnais portent un projet politique. C’est la Conférence territoriale de l’action publique qui réunit notamment la Région et le Département. Le PCR propose de l’élargir aux forces vives – syndicats, partis politiques, associations… – pour élaborer un projet de consensus, et de demander au gouvernement de faire de ce projet une loi programme. C’est la proposition que le PCR avait présenté à la ministre des Outre-mer en visite à La Réunion juste avant la crise des gilets jaunes. Ce même projet a été présenté au président de la République lors d’une réunion avec les élus d’outre-mer durant ce mouvement social.
« Prenons nos responsabilités, c’est le moment de le faire », poursuit Elie Hoarau, « n’attendons pas la fin de l’état de grâce. Soyons tous unis pour réclamer la tenue de la Conférence territoriale élargie aux forces vives ».
Pour le PCR, dans ce projet global, toit doit être mis sur la table, tous les problèmes évoqués, y compris celui de la gouvernance la plus adaptée pour La Réunion. Le PCR revendique donc une loi programme différente pour chaque collectivité.

Soutien à la mobilisation du 1er mai

« Nous ne voyons pas d’autre manière de responsabiliser les Réunionnais », ajouta Elie Hoarau, « d’autant plus que sans une interview jeudi dernier dans « le Journal de l’île », Emmanuel Macron est pour « l’émancipation » des outremer, « il veut laisser plus de liberté aux initiatives locales, une nouvelle forme de gouvernance pour sortir du schéma où tout est décidé depuis Paris ». Autrement dit, les élus ne peuvent rester les bras croisés.
« Prenons nos responsabilités s’il y a des réussites ou des échecs, ce sera la responsabilité des Réunionnais, plus de Paris », conclut le président du PCR.
Nadine Gironcel est ensuite intervenue pour présenter les 10 propositions remises au candidat Macron lors de la visite à La Réunion avant le second tour de la présidentielle, Jean Castex.
Julie Pontalba a conclu la conférence de presse en affirmant le soutien du Parti communiste réunionnais à la mobilisation du 1er mai. Une délégation du PCR participera au défilé organisé par les syndicats. Elle a rappelé l’importance de se mobiliser pour faire entendre la voix des Réunionnais opposés à toute mesure de régression sociale, notamment le projet de faire reculer l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

M.M.


Nadine Gironcel (en visioconférence depuis Saint-Pierre), Julie Pontalba, Elie Hoarau et David Gauvin.



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Messages

  • il est probable qu’ils faillent tenir compte de la position géographique, sociale et économique des Outre mers, par rapport à la Métropole. Mais chaque DOM ou territoire à sa propre originalité. La Réunion n’est ni les Antilles, ni les territoires du Pacifique.
    Mais i l y a incontestablement, aussi, un rejet de la politique de Macron. les réunionnais ont été très déçus de sa politique. La spécificité des Dom n’a pas été reconnu.
    Un exemple très concret , bien que mineur,pour certain. lors de la taxe écolo ,sur les billets d’avion ,cette taxe ne devait pas s’appliquer aux DOM . Or elle l’a été et elle l’est encore. malgré une demande de 2 députés, dont l’un du sud.
    Autre exemple plus important sur les prix. les monopôles et les oligopôles sur certains produits ont continué à sévir. Peu de concurrence donc prix plus élevé.
    Aucune évolution aussi sur ce fameux octroi de mer.

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