Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Pas de barrage hier
27 janvier 2009

Dans un communiqué diffusé hier, le préfet démontre que l’on peut agir sans bloquer les routes. C’est une dénonciation sans équivoque de la méthode utilisée par Joël Mongin. Le préfet aurait-il pris cette décision sans la venue dans deux jours d’Yves Jégo ? Décidément, le représentant de l’État est à géométrie variable.
Contrairement à ce qui s’était passé pendant cinq jours en novembre, les forces de police étaient présentes hier grand matin pour dissuader des patrons qui avaient dit publiquement leur volonté de bloquer les routes. L’explication de ce déploiement de forces est venu hier soir, dans un communiqué du préfet : « le blocage des routes ne saurait devenir un moyen d’expression systématique des revendications. Il en va de l’intérêt bien compris des Réunionnais, et de l’activité économique de l’île. C’est pourquoi un dispositif adapté a été mis en place, ce matin sur toute l’île ». Et le préfet d’expliquer qu’« il en sera de même à nouveau si nécessaire. Des consignes strictes ont été données pour la suite aux forces de police et de gendarmerie, en liaison avec le procureur général, afin que toutes les infractions à l’article L.412-1 du code de la route (délit d’entrave ou de gêne de la circulation) soit désormais constatées et réprimées ».
Suite à une interview du préfet dans le "JIR", "Témoignages" a dit que la violence institutionnelle a été employée contre la Région lors de la crise des carburants au mois de novembre dernier. Et aujourd’hui, le communiqué du préfet vient justifier l’analyse de "Témoignages" !
Il démontre en effet qu’en novembre dernier, quand les patrons transporteurs conduits par Joël Mongin ont dit à l’avance qu’ils allaient mettre l’économie à terre, le préfet pouvait agir autrement. Le représentant de l’État a dit en substance qu’il ne pouvait pas envoyer des tanks pour faire dégager les transporteurs, mais hier le représentant de l’État n’a pas eu besoin d’utiliser des tanks qu’il n’a pas pour maintenir la liberté de circuler.
Le préfet pouvait donc prendre une décision différente que laisser les transporteurs faire le blocus de la Région pendant plus de 48 heures, et paralyser La Réunion pendant cinq jours.
Alors pourquoi en novembre dernier, le préfet a-t-il refusé de constater et réprimer les délits d’entrave ou de gêne à la circulation ?
L’opinion a désormais une réponse claire à cette question : la violence institutionnelle a été utilisée contre une institution de la République.
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