Le fidèle de la première heure d’Emmanuel Macron sur la scellette

Le président de l’Assemblée nationale mis en examen pour ’prise d’intérêt’

13 septembre 2019

Le président de l’Assemblée nationale française, Richard Ferrand, a été mis en examen dans la nuit de mercredi 11 à jeudi 12 septembre à Lille pour ’prise illégale d’intérêts’ dans l’affaire dite des Mutuelles de Bretagne.

L’affaire des Mutuelles de Bretagne avait conduit ce fidèle d’Emmanuel Macron à quitter le gouvernement en juin 2017. A peine nommé ministre de la Cohésion des territoires, il avait été pointé du doigt par Le Canard enchaîné qui avait révélé qu’en 2011 les Mutuelles de Bretagne, qu’il dirigeait alors, avaient décidé de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne.

Le procureur de Brest avait ouvert une enquête préliminaire en juin 2017, classée sans suite en octobre, en raison de la prescription s’agissant d’un éventuel délit de prise illégale d’intérêts. Le procureur avait jugé que les infractions d’abus de confiance et d’escroquerie n’étaient "pas constituées". L’association anti-corruption Anticor avait alors déposé une seconde plainte avec constitution de partie civile.

Peu après l’annonce de son inculpation, mercredi soir, le 4e personnage de l’Etat français a déclaré être "déterminé à poursuivre (sa) mission" à la tête de l’Assemblée. Emmanuel Macron a d’ailleurs lui-même assuré tout son soutien à Richard Ferrand, à l’issue de son audition.

Pourtant ce coup dur pour la majorité LREM (La République en marche, parti du président français, NDLR) intervient alors que François Bayrou et Marielle de Sarnez, ont été entendus par la police judiciaire dans le cadre de l’affaire des emplois présumés fictifs des assistants d’euro-parlementaires.

A l’issue d’un "interrogatoire de première comparution" de près de 15 heures au tribunal de grande instance de Lille, "les trois juges d’instruction saisis du dossier ont décidé de mettre en examen Richard Ferrand pour prise illégale d’intérêts", a indiqué le parquet de Lille à l’Agence France Presse ;

Richard Ferrand a ensuire pris "acte de cette mesure procédurale qui va lui permettre de pouvoir se défendre dans ce dossier" et a assuré "rester serein sur l’issue de la procédure, au regard du classement sans suite de l’ensemble des griefs de la première plainte" en octobre 2017, "d’autant plus qu’aucun élément nouveau n’a été versé à ce dossier dans lequel il n’y a ni préjudice ni victime".

Après avoir présidé le groupe des députés LREM, Richard Ferrand a pris la succession de François de Rugy à la présidence de l’Assemblée en septembre 2018. Cette mise en examen est inédite en France, car aucun président de l’Assemblée nationale n’avait été mit en examen pendant son passage au perchoir.

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Témoignages - 82e année


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