Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
L’extrême droite française attaque les Mairies à 3 mois des élections
16 janvier

À trois mois des élections municipales, l’extrême droite française organise sciemment l’asphyxie financière des Mairies. En faisant adopter une baisse historique de près de 5 milliards d’euros des dotations de l’État aux collectivités, le Rassemblement national mise sur le chaos pour affaiblir la démocratie locale. Une stratégie dangereuse qui rappelle les heures sombres de l’histoire et exige une vigilance accrue, notamment à La Réunion.
L’histoire nous l’a appris dans la douleur : lorsque la République vacille, l’extrême droite avance. En 1940, la défaite des chefs militaires français et le chaos politique ont ouvert la voie à Pétain et à la destruction de la République. Aujourd’hui, le Rassemblement national emploie une autre arme, moins visible mais tout aussi redoutable : l’asphyxie financière des collectivités locales, pilier de la démocratie de proximité.
Le 14 janvier, à l’Assemblée nationale, le RN a obtenu une victoire aussi grave que révélatrice. Contre l’avis du gouvernement, un amendement réduisant de 4,9 milliards d’euros la dotation globale de fonctionnement (DGF) des collectivités territoriales a été adopté. Cette décision n’est ni accidentelle ni technique. Elle est politique. Elle vise directement les Mairies, les départements et les régions, c’est-à-dire les institutions les plus proches des citoyens.
Le RN prétend justifier cette coupe massive par la lutte contre le « millefeuille territorial ». Un argument fallacieux. En réalité, cette baisse brutale des moyens frappe les services publics locaux : écoles, crèches, transports, action sociale, culture. Elle fragilise les communes déjà en difficulté et crée les conditions d’un mécontentement populaire que l’extrême droite espère exploiter électoralement.
Cette manœuvre a été rendue possible par une stratégie cynique. Tandis que les députés RN, rejoints par des ex-UMP devenus pro-RN, étaient massivement présents dans l’hémicycle, les autres groupes brillaient par leur absence. Résultat : 77 voix contre 37 ont suffi pour faire passer un amendement lourd de conséquences pour des millions de citoyens.
À trois mois des élections municipales, le calendrier ne doit rien au hasard. En affaiblissant financièrement les Mairies, le RN espère provoquer une crise de gestion locale, nourrir la défiance envers les élus en place et se présenter comme une prétendue alternative « anti-système ». C’est une stratégie du chaos, déjà vue ailleurs, toujours dangereuse, toujours destructrice.
À La Réunion, cette attaque revêt une gravité particulière. Les collectivités réunionnaises, confrontées à des défis sociaux majeurs, dépendent fortement des dotations de l’État. Les priver de près de 5 milliards d’euros au niveau national, c’est aggraver les inégalités, fragiliser la cohésion sociale et ouvrir un boulevard aux discours racistes et réactionnaires du parti d’extrême droite français.
Face à cette offensive, la vigilance est une nécessité démocratique. Défendre les Mairies, c’est défendre la République, les services publics et l’égalité. Refuser le chaos organisé par l’extrême droite, c’est refuser que l’histoire bégaie une nouvelle fois au détriment du peuple.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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