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Défense des Réunionnais, soumission à Paris, ou négociation d’un strapontin sur une liste socialiste aux régionales ?
16 septembre 2014, par

La Réunion verra-t-elle la totalité de ses 7 députés voter pour ou laisser faire le tournant politique vers le social-libéralisme ? Le vote de ce mardi permettra-t-il de mesurer le prix d’un strapontin sur une liste socialiste aux régionales ? Autant de questions qui seront tranchées mardi soir, lors du vote de confiance au gouvernement.
Mardi en fin d’après midi, le Premier ministre va prononcer un discours à l’Assemblée nationale. Il engagera ensuite la confiance du gouvernement. Suivront les explications de vote et le vote des députés. Pour les représentants de La Réunion au Palais Bourbon, la situation s’est clarifiée au cours des dernières 48 heures. Les deux tendances du PS dans notre île se rangent derrière le gouvernement.
Cela ne surprend guère. Depuis leur élection, les députés socialistes ne se sont pas positionnés en tant que défenseur des intérêts de la population. Car si c’était le cas, ils auraient voté contre le budget qui a supprimé le RSTA et le soutien de l’Etat à la prime COSPAR.
Thierry Robert a envoyé un communiqué à la presse ce lundi pour annoncer qu’il s’abstiendra lors du vote.
Quant à Huguette Bello, elle dit officiellement attendre et voir. Cette indécision ouvre la porte à toutes les hypothèses. La plus plausible consiste à placer le vote de mardi dans la perspective des prochaines élections et donc à le situer en dehors de toute défense des intérêts de la population. En clair, difficile en effet d’imaginer qu’un député qui vote contre la confiance au gouvernement puisse ensuite prétendre à un strapontin sur une liste socialiste aux régionales de l’année prochaine.
D’après cette première revue d’effectif, les 7 députés semblent se diriger vers une adhésion sous des formes diverses au tournant vers le social-libéralisme du gouvernement. Avec le Pacte de responsabilité et ses 40 milliards d’euros sans contreparties sociales aux entreprises, Paris n’a jamais été aussi loin dans les cadeaux fiscaux. Avec les 50 milliards de diminution de la dépense publique, le gouvernement planifie un plan d’austérité sans précédent.
Depuis une interview de François Hollande dans "Le Monde" du 20 août, le ton était donné. Toute la majorité est sommée de suivre : « Il n’y a pas d’échappatoire. Le jugement en 2017 sera à la fois porté sur le président, le gouvernement et la majorité ».
Le remaniement ministériel du 25 août a suivi. Le tournant a donné des ailes aux revendications les plus rétrogrades du patronat. Le 26 août, le Premier ministre socialiste a reçu une ovation lors de l’université d’été du MEDEF. Le jour même, le MEDEF saluait le discours de vérité du chef du gouvernement. Le 27 août, la parution opportune dans la presse d’une interview du nouveau ministre de l’Economie réalisée peu de temps avant sa prise de fonction, fait de lui un soutien de la remise en cause des 35 heures. C’est ensuite au tour du ministre du Travail de culpabiliser les chômeurs.
Une nouvelle fuite dans la presse de ce lundi complète cet édifice. Ce sont les premiers éléments du nouveau programme du MEDEF. Ils demandent de déroger aux 35 heures, et remettent en cause le SMIC. Pour le MEDEF, une certaine catégorie de travailleurs devrait être payée en dessous du salaire minimum.
Cette surenchère du MEDEF n’est pas étonnante. En Europe, c’est bien souvent sous des gouvernements socialistes se tournant vers le social-libéralisme que les coups les plus durs ont été portés aux droits des travailleurs. L’exemple de l’Allemagne sous Schröder est là pour en témoigner.
Tout cela ne donne rien de bon pour La Réunion. Cela confirme la tendance affichée par la visite du président de la République. Rien pour les pauvres qui sont la moitié de la population, pas de retour du RSTA et du soutien de l’Etat à la prime COSPAR, et par contre l’appui à la route en mer de Didier Robert.
Un député soucieux de la défense de l’intérêt des Réunionnais ne peut pas voter pour la poursuite de cette politique, ou laisser faire en s’abstenant. Ce mardi, les 7 députés seront face à leur responsabilité.
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