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Vote de confiance : l’orientation social-libérale du gouvernement n’obtient qu’une majorité relative, aucun vote contre des élus de La Réunion
17 septembre 2014

Pour la seconde fois en cinq mois, le gouvernement a sollicité un vote de confiance. La majorité s’est considérablement rétrécie car elle n’est plus absolue. Cette évolution souligne l’intensité du débat en France sur les orientations compte tenu de la situation économique et sociale. La convergence de la politique générale avec les aspiration de la branche rétrograde du patronat français a considérablement affaibli le gouvernement. A La Réunion, cette situation est trois fois plus grave qu’en France. Mais aucun des 7 députés n’a choisi d’exprimer un vote contre. Ils porteront donc une lourde responsabilité dans les mesures d’austérité à venir et ils montrent bien que la population ne peut plus du tout compter sur les députés pour espérer un soutien.
Le 8 avril, le Premier ministre a présenté un discours de politique générale puis a engagé la responsabilité du gouvernement sur un vote de confiance. Le résultat était le suivant :
- votants : 571
- exprimés : 545
- pour : 306
- contre : 239
- abstention : 26
Ce mardi 16 septembre, sans y être obligé, le gouvernement a de nouveau engagé sa responsabilité devant les députés, voici le résultat :
- votants : 566
- exprimés : 513
- pour : 269
- contre : 244
- abstention : 53
Pour atteindre la majorité absolue, il fallait 283 voix, il en manque 14. La majorité n’est donc plus que relative.
Si le gouvernement n’était pas obligé de demander la confiance, c’est qu’il comptait sans doute sortir renforcer de ce rendez-vous. Ce n’est pas le cas et les difficultés vont s’accumuler.
Car la majorité se rétrécit à l’Assemblée nationale, et elle va basculer d’ici la fin du mois au Sénat. La Haute assemblée deviendra alors le fer de lance de l’opposition parlementaire renforcée.
Le résultat d’hier est la conséquence d’un débat sur l’orientation de ce gouvernement. Depuis la fin du mois d’août, c’est le tournant vers le social-libéralisme assumé : 40 milliards pour les patrons et 50 milliards de moins dans les dépenses publiques. Le cap est fixé pour les 3 années à venir, ce sera l’austérité sans aucune alternative. Paris pense que c’est la seule solution pour espérer faire baisser l’endettement de la France. Pour la population qui souffre, cela ne donne aucun espoir.
En effet, ce cap met en évidence une convergence avec les revendications du MEDEF. Après avoir ovationné le discours du Premier ministre à son université d’été, le MEDEF a fait monter les enchères. Ses propositions ont fuité dans la presse la veille du vote de l’assemblée. Elles demandent la casse du Droit du travail : plus de SMIC, remise en cause des 35 heures et travail le dimanche en sont les mesures phares.
Une partie de la majorité présidentielle est pour une orientation alternative. Le débat traverse même le PS. Il est lié à une situation sociale et économique très difficile car la France est en crise.
A La Réunion, la situation est trois fois plus grave qu’en France. Le taux de chômage n’est pas de 10% mais de 30%. La moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et d’importants rendez-vous sont là : fin du quota sucrier, négociation des accords de partenariat économique…
Sur tous les sujets d’inquiétude, rien n’a permis de rassurer les Réunionnais. En effet, la politique menée sera amplifiée. Elle montre bien qu’elle n’a pas donné de bons résultats car le nombre de chômeurs n’a jamais été aussi élevé.
C’est pourquoi il eut été logique que des députés de La Réunion fasse entendre les intérêts de la population en affirmant leur refus de soutenir cette politique. Mais cela n’a pas été le cas, aucun député n’a voté contre.
Les 7 députés porteront donc une lourde responsabilité dans les mesures d’austérité à venir. Ils montrent bien que la population ne peut plus du tout compter sur les députés pour espérer un soutien.
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Messages
17 septembre 2014, 08:54, par Bof
L’analyse manque de justesse, de justice.
A aucun moment Témoignages ne souligne le vote des députés communistes (PCF) car il me semble qu’au delà de La Réunion, c’est tout le pays qui plonge. Mme Bello et les autres députés réunionnais sont avant tout des députés de la Nation. Le vote de Mme Bello, que j’aurais souhaité contre la confiance, (les 6 autres on s’y attendait) importe moins que si M Valls n’avait pas eu la majorité quoique relative.
Pour ma part, je reste communiste et je me dis qu’il y a encore quelques députés hors Réunion sur qui je pourrai compter mais hélas ils sont invisibles parce que des médias les écartent y compris TEMOIGNAGES.
17 septembre 2014, 17:29, par titienne
Peut-on raisonnablement augmenté les voix de l’opposition ?
Un vote raisonnable n’est pas synonyme d’absence de débat contradictoire !
D’une façon générale, a mon simple point de vue, désapprouver publiquement la main sur le coeur et l’autre sur le porte-feuille moins en évidence , ou est le courage ? Là osi lo kombatan y perd à li