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Loi-programme pour l’Outre-mer
21 avril 2008, par

C’est sûr, la loi-programme pour l’Outre-mer va intégrer le secteur agricole. Reste à savoir dans quelles mesures les propositions formulées par Jean-Yves Minatchy seront retenues. Mais les agriculteurs sont confiants. La reconnaissance de leur activité est déjà un élément de poids pour inciter les collectivités locales à appliquer les cahiers de l’agriculture.
Les agriculteurs auront trouvé une oreille attentive en la personne d’Yves Jégo, Secrétaire d’État à l’Outre-mer. Le Président de la Chambre verte, Jean-Yves Mintachy, s’est entretenu avec le secrétaire d’Etat mercredi dernier. Il a obtenu la garantie d’une intégration de l’agriculture dans la loi-programme. Mais il a fallu batailler pour cela, ont rappelé les agriculteurs présents hier à la réunion qui s’est tenue à la Mairie de Sainte-Suzanne. « C’est la première fois que la profession est entendue. La CGPER marque des points. Dans la première version de la loi, l’agriculture était oubliée. Cette loi-programme va maintenant apporter des moyens financiers », pouvait-on entendre. Ou encore : « Nous félicitons le président de la Chambre pour son action car il faut être extrêmement déterminé ». Un enthousiasme à modérer, car Yves Jégo n’a pas encore annoncé les mesures retenues. Mais les agriculteurs sont confiants et restent vigilants pour la suite.
Les propositions des agriculteurs ont au moins le mérite d’être claires et chiffrées. Le secteur agricole attend que les mesures pour réduire le coût de production soient pérennes, engagées au moins pour 15 ans. Jean-Yves Minatchy a rappelé les demandes qu’il a formulées au ministère. A commencer par l’exonération de la taxe foncière sur le non bâti, car la baisse de 25% obtenue en 2005 n’est pas suffisante. Près de 6.500 exploitants agricoles payent cette taxe aujourd’hui, pour un total de 32.000 hectares. L’exonération permettrait une économie de 2 millions 100.000 euros. Pour faire face à l’augmentation du coût des intrants (engrais, aliments pour bétails) et du transport, le président de la Chambre l’agriculture a aussi demandé que la loi-programme vienne en aide aux exploitants. Soit la prise en charge de 50% du coût du fret (1 euro le kilo de produits transportés). Ce qui correspond à 1 million 900.000 euros d’aide. Et une participation pour la prise en charge du coût des intrants.
Les 120.000 tonnes d’aliments pour bétails représentent une dépense de 4 millions 200.000 euros par an. Même demande de soutien au développement de certains produits reconnus, comme le letchi ou l’ananas Victoria.
La défiscalisation pour l’acquisition de matériel fait aussi partie des propositions.
La dernière demande, et non des moindres, concerne l’accès au marché local. « Nous demandons une évolution du cadre législatif pour le marché d’appel d’offre », explique Jean-Yves Minatchy. La restauration collective fonctionne encore grâce à l’importation de produits. 200.000 repas par jour sont distribués dans les établissements scolaires sans que les agriculteurs locaux y trouvent leur compte.
Pour le président de la Chambre, « le gouvernement a compris que l’agriculture est un secteur important pour La Réunion » et a enfin pris conscience que les 3 poumons de l’économie sont les 3 Chambres consulaires. « C’est une première à La Réunion », a-t-il ajouté. Si les agriculteurs ont réussi a marqué un point pour la loi-programme, ils attendent maintenant que la France agisse selon la même logique dans la négociation des Accords de Partenariat Economique (APE).
Edith Poulbassia
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