Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
3 novembre 2008, par

Pendant que le monde est frappé par une crise économique sans précédente, les compagnies pétrolières réalisent des bénéfices records sur le dos des consommateurs. Avec un baril de pétrole à la hausse jusqu’à la crise, avec des pointes records à près de 150 dollars, les compagnies pétrolières affichent à nouveau leur santé insolente par la publication des résultats des sociétés pour le 3ème trimestre 2008. Quelle est la morale de ce système où l’on demande toujours au consommateur final, c’est-à-dire les ménages et les entreprises (particulier et professionnel), de payer alors que les actionnaires se mettent de gros dividendes en poche ?
Royal Dutch Shell fait état d’une hausse de 71% de son bénéfice net à coûts courants d’approvisionnement (CCS) au troisième trimestre, à 10,9 milliards de dollars contre 6,4 milliards un an plus tôt.
Au troisième trimestre, Shell a bénéficié d’une hausse de 54% des prix du brut par rapport à la même période de l’année dernière. Le major pétrolier a dit qu’il suivait attentivement l’évolution de la situation économique mondiale mais qu’il se sentait solide vis-à-vis de tout un éventail de prix de l’énergie.
American Chevron Corp. a ravi au géant britannique du pétrole, British Pétroleum, le titre de troisième plus grande compagnie pétrolière mondiale sur le marché des valeurs, derrière Exxon Mobil et la Royal Dutch Shell. En termes de capitalisation boursière, Chevron représente actuellement 131,3 milliards de dollars.
L’envolé du prix du baril de pétrole a entraîné une envolée des bénéfices des compagnies pétrolières au 3ème trimestre 2008.
L’envolée des cours du pétrole depuis le début de l’année explique les excellents résultats des principales compagnies pétrolières durant le 3ème trimestre. Le profit de Royal Dutch Shell a bondi de 71% à 10.9 milliards de dollars et son chiffre d’affaires de 45% à 131.56 milliards de dollars. L’activité d’ExxonMobil s’est accrue de 58% (à 138 milliards de dollars) pour un bénéfice en hausse de 58% (à 14.83 milliards de dollars). Mêmes tendances au second trimestre 2008 pour British Petroleum (BP), dont le chiffre d’affaires augmente de 49% (à 110 milliards de dollars) et le bénéfice net de 28% (à 9,4 milliards de dollars)
Les performances du français Total n’échappent pas à ce mouvement. Sur le premier semestre, son chiffre d’affaires progresse de 21% à 92,4 milliards d’euros pour un résultat en hausse de 29%, à 8,33 milliards d’euros.
Au troisième trimestre, les compagnies pétrolières ont bénéficié d’une augmentation de près de 60 % des prix du brut, par rapport au troisième trimestre 2007. Le prix du baril qui a frôlé les 150 dollars au mois de juillet 2008 a permis aux actionnaires de s’enrichir davantage.
Le consommateur, partenaire du partage des bénéfices des compagnies pétrolières
Si les grandes multinationales réalisent des profits faramineux, c’est grâce aux consommateurs. Ces derniers doivent dans ce cas être partenaires dans le partage des dividendes.
Quelle est la morale de ce système où l’on demande toujours au consommateur final, c’est-à-dire les ménages et les entreprises, de payer alors que les actionnaires se mettent de gros dividendes en poche ?
A La Réunion, malgré une baisse du prix du baril de pétrole de 60 % (près de 60 dollars le baril aujourd’hui), les prix des carburants ont progressé. Le 3 octobre 2008, la préfecture a décidé d’augmenter le prix du litre de gasoil de 7 centimes et celui du litre de super de 6 centimes. Les courbes des prix des carburants à La Réunion (gasoil et super) suivent la même tendance que celle des bénéfices des compagnies pétrolières. Paradoxe Réunionnais !
Quel est le résultat financier des compagnies pétrolières à La Réunion ? Quelle est la part versée aux sociétés mères ? Plus que jamais, la transparence s’impose.
Depuis plus de vingt ans, le fossé n’a cessé de se creuser entre les revenus du capital et ceux du travail. Ce déséquilibre, source d’une répartition des richesses de plus en plus mauvaise, montre ses limites et surtout sa dangerosité. Quand on ne gagne pas assez pour vivre, on se tourne vers le crédit. Les dérives d’un système spéculatif, avide, irresponsable et faussement autorégulé ont abouti à la crise que nous traversons à l’heure d’aujourd’hui.
Risham Badroudine
Nos peines
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