La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Publication d’une enquête du CRIJ Réunion
12 juin 2014, par

6.000 jeunes interrogés et un constat : la précarité. Pour un grand nombre, la plus haute qualification ne dépasse pas le brevet des collèges. Près d’un sur deux est pourtant déjà parti en France, mais la mobilité ne protège pas du chômage.
Cela fait déjà bien longtemps que le Parti communiste réunionnais souligne combien le système actuel exclut les jeunes. En 1982, un an après l’installation d’un gouvernement dirigé par un membre du Parti socialiste, le mot d’ordre Arèt Gaspy Nout Zenès avait animé une Marche de la jeunesse pour le développement. Déjà à cette époque, la situation des jeunes était très préoccupante. Au bout de 30 ans de décentralisation, rien n’a changé. D’aucun serait même tenté de souligner que la vie des jeunes est encore plus difficile aujourd’hui que pour leurs parents.
En effet, compte-tenu du progrès technologiques et de l’élévation continue du niveau de formation, il serait logique de s’attendre à une diminution de l’exclusion. Chaque année, les taux de réussite au bac sont mis en évidence, car selon eux La Réunion se situe dans la moyenne des Académies françaises. Mais lorsque l’on creuse un peu, la réalité est bien différente. Et le système en place à La Réunion reste une gigantesque machine à gaspiller les intelligences. C’est ce que montrent plusieurs points d’une enquête du CRIJ Réunion sur 6.000 jeunes de 15 à 30 ans. Un tel échantillon est dix fois plus important que les sondages publiés à la une de journaux pendant les campagnes électorales. Cela donne une idée de l’ampleur du travail réalisé par trois jeunes Réunionnais, Tatiana Maillot, Olivier Robert et Mitsy Thiburce, aidé par d’autres membres de l’équipe du CRIJ Réunion.
Une donnée préalable : la moitié des jeunes ont déjà quitté La Réunion, mais cette expérience de mobilité ne protège pas de la crise.
Les informations sur les qualifications obtenues montrent un nombre important de Réunionnais contraints à n’avoir aucun diplôme. Ainsi pour la tranche d’âge comprise entre 15 et 20 ans, un quart à un niveau inférieur à celui de la troisième. Manifestement, le collège est la barrière.
La lecture des tableaux publiés montre aussi que pour la majorité des jeunes, la formation suivie ne correspond pas à leurs vœux.
Aujourd’hui, plus de la moitié des jeunes de moins de 25 ans sortis de l’école sont au chômage, le cadre actuel ne leur laisse aucun espoir de redressement. L’enquête du CRIJ Réunion confirme bien que l’exclusion des jeunes Réunionnais est dans la structure du système en place à La Réunion. Il est donc urgent de passer à autre chose.
M.M.
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