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Solidarité de classe pour refuser l’extension de la prime de vie chère pour les pauvres
12 octobre 2012, par

Quasiment tous les députés de La Réunion ont été ou sont des titulaires de la fonction publique. Ils ont donc bénéficié de la prime de vie chère. Mais pendant deux jours à l’Assemblée nationale, aucun d’entre eux n’a demandé l’extension de cette prime de vie chère aux plus pauvres. C’est la solidarité de classe qui s’est manifestée pour maintenir les choses en l’état, quitte à abandonner la majorité des Réunionnais dans la pauvreté.
Le débat sur la loi de régulation économique était l’occasion pour les 7 députés d’être en accord avec l’orientation sociale qu’ils se sont donnés. Sur le plan du coût de la vie, notre pays souffre en effet de deux inégalités.
La première est celle des prix, bien plus élevés qu’en France. Le gouvernement a donc fait voter un texte sensé intervenir sur cette question, aux effets qui se feront attendre.
La seconde est celle des revenus. À La Réunion, l’État reconnaît que la vie est trop chère. Il verse donc à ses agents titulaires une prime de vie chère de 35%. Cela permet donc à cette catégorie d’avoir les moyens de s’acheter la vie chère. L’État fixe aussi le montant des revenus des allocataires des minimas sociaux, des travailleurs payés au SMIC, et des retraités. Mais à tous ceux-là qui constituent une large majorité de la population, l’État refuse de verser une prime de vie chère.
En attendant que les prix baissent un jour, l’urgence est d’intervenir pour que tous les pauvres puissent bénéficier de cette prime de vie chère. Les 7 députés de La Réunion étaient au pied du mur. De plus, ils sont particulièrement bien placés pour défendre l’extension de la prime de vie chère puisqu’à une exception près, ils sont ou ont été des fonctionnaires titulaires.
Tous ces députés ont donc tous bénéficié de la prime de vie chère à un moment de leur vie. Ils savent combien il est important de bénéficier d’une majoration de 35% de ses revenus pour faire face à des prix trop élevés.
Mais au moment du débat à l’Assemblée nationale, pas un ne s’est levé pour demander l’extension aux plus démunis du système dont ils ont bénéficié. La prime de vie chère pour les pauvres, c’est pourtant une mesure d’urgence sociale. Mais mardi et mercredi à l’Assemblée, les 7 députés de La Réunion ont préféré ne pas parler de l’extension de la sur-rémunération. Ils ont été les acteurs de la conspiration du silence. Des députés à la fibre soi-disant sociale ont abandonné la majorité de la population à sa pauvreté. C’est la solidarité de classe pour le refus du changement qui s’est exprimée. Mis à part cela, à quoi servent donc ces députés ?
Manuel Marchal
Nos peines
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