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par le Dr Raymond Vergès

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Lutte contre le changement climatique : cause commune à l’ACCD’OM

Ouverture à Saint-Denis du Congrès de l’Association des collectivités et communes d’Outre Mer

lundi 8 novembre 2021


En préambule de son 30e congrès qui s’est ouvert ce lundi 8 novembre 2021 à l’ancien hôtel de ville de Saint-Denis, l’Association des collectivités et communes d’Outre Mer, présidée par Maurice Gironcel, a donné rendez-vous ce dimanche à ses invités, près de 170 congressistes – au Parc des Expositions et des Congrès de Saint-Denis. La lutte contre le changement climatique a été le thème principal abordé par le président de l’ACCD’OM, cause partagée par les délégués du Congrès.


En sus des locaux, et des adhérents venus de tous les coins du monde (Mayotte, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Pierre et Miquelon, Nouvelle-Calédonie et Polynésie Française), la présence de Georges Patient Vice-Président représentant le Président du Sénat, d’Olivier Serva, Président de la Délégation Outre-Mer de l’Assemblée Nationale et de Hervé Mariton, Président de la FEDOM a été remarquée.
Ce congrès – prévu du 7 au 12 novembre 2021- se tient au moment où à Glasgow les dirigeants de la planète sont réunis autour de la COP 26 pour décider de l’avenir de notre planète.
Le Président de l’ACCD’OM, défenseur de la cause pour le climat, en a fait d’emblée son thème d’ouverture de séance.
« Nous sommes face à une urgence. Une urgence collective, planétaire, universelle. Nous n’avons pas d’autres choix que de modifier nos habitudes pour garantir l’avenir.
Les autorités publiques se sont saisies du problème. Et la prise de conscience du danger imminent a permis la ratification du Traité le plus ambitieux sur le Climat, adopté à Paris lors de la COP21, en décembre 2015. Ce texte offre un cadre aux États, Collectivités, Entreprises et Individus pour agir en commun afin de contenir l’augmentation de la température sur le siècle en dessous de 2 degrés.
L’urgence climatique, c’est l’affaire de tous et comme j’ai souvent tendance à dire « si nou occup pa du climat, le climat va occup à nou », alerte Maurice Gironcel.

L’agglomération action

Aussi, à ses yeux, il revient à tous, collectivement, de proposer des instruments de ratification aux experts qui ont pour tâche d’en mesurer la faisabilité.
C’est la raison pour laquelle, le 24 septembre 2020, lors de son Conseil Communautaire, suite à la délibération à l’unanimité de l’ensemble de nos élus, la CINOR a déclaré sur le territoire de la CINOR, l’état d’urgence climatique.
« Une ère nouvelle de responsabilités collectives s’ouvre donc à nous toutes et tous. Chacun de nous dans nos responsabilités respectives nous devons accentuer nos efforts et embarquer les administrés de nos territoires dans cette démarche », a poursuivi le président de l’ACCD’OM.
Au niveau de l’agglomération comme, des villes membres de la CINOR, la voie de cette lutte contre le réchauffement climatique a été ouverte bien avant 2021, bien intensifiée au travers du PCAET de la CINOR, Plan Climat Air énergie Territorial, le premier de La Réunion, adopté en février 2019.
Cette démarche, partagée activement par les villes membres du Nord de La Réunion, se décline également au travers de ses projets.
A Saint-Denis par le développement d’un transport commun en site propre (TSCP), la promotion demain de bus hybrides sur le réseau Citalis, et la réalisation du premier téléphérique urbain de France, avec une ligne de 2,7 km sur 5 stations, avec 46 cabines qui seront en gare toutes les 36 secondes. Téléphérique qui sera inaugurée à la fin de cette année.
D’autres actions se sont concrétisées, comme ici, au Parc des Expositions et des Congrès et à la Cité des Arts par la réalisation d’une centrale photovoltaïque sur les toitures des équipements ou au siège de la CINOR, par l’installation d’ombrières de recharge pour les véhicules électriques.
A Sainte-Marie, l’action développement durable porte sur la réalisation, d’une usine de traitement de eaux usées, au Grand Prado reconnue au niveau national qui revend de l’électricité à EDF et produit des pellets de boues, homologué au national en 2019, comme amendement organique utilisable sur nos cultures cannières et dans nos pépinières. Et demain, ce sera l’eau de la STEP qui permettra d’irriguer les plantations à proximité.

Sainte-Suzanne, terre à énergie positive renouvelable

Dans ce même élan, il est à noter la démarche toute singulière et volontariste de la Ville de Sainte-Suzanne devenue une commune à énergie positive renouvelable par son action en faveur des éoliennes, de la production solaire et de la méthanisation des déchets ménagers.
Sainte-Suzanne produit aujourd’hui de l’électricité pour l’équivalent de 35 000 habitants alors qu’elle ne compte que 23 600 habitants.
La CINOR concrétise ainsi son ambition de soutenir et accompagner le développement des énergies renouvelables sur son territoire. Une démarche qui a été récompensée puisque la CINOR a eu l’honneur de recevoir en septembre dernier deux labels au Palais Brongniart à Paris : le label Cit’ergie et le label Économie circulaire.
Ces deux distinctions de l’ADEME viennent confirmer que le Territoire Nord fait bien partie du programme gouvernemental « Territoire engagé transition écologique ».

Néanmoins, la menace continue de peser…

« Les territoires d’Outre-mer seront les premiers touchés par les changements climatiques, montée des eaux, phénomènes météorologique de plus en plus violents et imprévisibles, diminution des ressources et un risque d’isolement de plus en plus menaçant.
Le climat a déjà changé et ne nous attend pas et nous devons redoubler d’efforts et agir. Nous savons tous que, si nous ne faisons rien pour enrayer ce phénomène, nous continuerons de tuer la planète à petit feu.
Et lorsque celle-ci n’aura plus les ressources pour nous accueillir correctement, nous n’aurons aucun autre endroit où nous réfugier » avertit Maurice Gironcel. « Gardons tous à l’esprit cette phrase de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon : nous n’avons pas de planète Bis où nous réfugier ». Un sujet de réflexion majeur lié à l’urgence climatique qui est souvent revenu dans les thématiques abordées sur le Tourisme Outre-Mer et sa capacité de résilience ou encore le Plan de relance.

Les attraits touristiques du Nord

Par la suite, Maurice Gironcel a pu présenter succinctement les attraits touristiques du tourisme au sein du territoire du Nord, évoquer cette côte Nord de l’île, qui s’étend de Saint-Denis, en passant par Sainte-Marie, à Sainte-Suzanne, qui constitue un condensé de culture et de nature.
Évoqués les joyaux du patrimoine créole à Saint-Denis, son parc aquatique, sa cité des Arts, sa prochaine ligne de téléphérique.
Mis en avant à Sainte-Marie, entrée de portes de La Réunion, terre de verdure des cannes à sucre et bercée par l’odeur du sel, les parcs de loisirs de Bois madame et de Beaumont, de même que le port intercommunal de pêche et de plaisance, situé à 1 kilomètre de l’aéroport, qui a été rénové et agrandi et qui sera livré en 2022.
Enfin, sur la route en direction de de Sainte-Suzanne, jadis appelée, terre du “Bon Péi”, ville phare, moderne et durable à la campagne, Maurice Gironcel n’a pas manqué de mettre en exergue le phare de Bel-Air, la cascade du Niagara, la Vanilleraie du Grand Hazier, le savoir de Jismy Desruisseaux à commune Ango (Vanille – Produits péi), le Parc de loisirs du Bocage terre de pique-niques dominicaux, et le Stade en Eaux Vives Intercommunal.

Fierté pour le stade en eaux vives

Un équipement dédié à la pratique d’activités nautiques diverses (canoë, kayak et paddle) que les congressistes ont eu le loisir de visiter en après-midi.
Un stade en eaux vives (SEVI) qui a été doublement labellisé puisqu’après avoir été homologué pour la pratique du canoë kayak de compétition internationale, il a été sélectionné en octobre 2020 comme Centre de Préparation aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
Cette sélection du SEVI comme « Centre de Préparation aux Jeux » intervient quelques mois après l’obtention par la CINOR du label « Terre de Jeux 2024 », décerné par le Co – mité d’Organisation des Jeux Olympiques qui fait de la CINOR le chef de file de manifestations « grand public ».
La CINOR a rappelé l’organisation le 6 février dernier d’une compétition de niveau mondiale avec la présence d’une centaine d’athlètes internationaux venus se préparer à Sainte-Suzanne – dont l’équipe de France et le numéro un mondial tchèque Jiri Prskavec qui a remporté l’or aux derniers JO après une performance jugée “ex – ceptionnelle” par le journal l’Equipe.
Avant de laisser place aux échanges, le président de l’ACCD’OM a tenu à remercier les congressistes de leur présence et remercier également « les énergies actives qui ont préparé, souvent dans l’ombre, ce congrès et qui nous accompagnent aujourd’hui. Je ne doute pas que ces premiers travaux seront constructifs et précieux pour poser avec force la marque de notre action ».
Pour le reste, Maurice Gironcel a rappelé la devise de l’Europe dont nous pouvons faire notre : « unis dans la diversité ». « C’est de cet engagement que je voudrais que l’on s’inspire pour partager une véritable culture commune et consolider l’esprit ultramarin de notre engagement. Vive l’ACCD’OM, vive les Outre-Mer ! »




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