Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Orientations budgétaires du Département
15 octobre 2008, par

Logement, insertion, éducation, publics vulnérables et développement durable : ce sont les axes prioritaires de la politique du Conseil général qui seront déclinés dans les orientations budgétaires. Ces orientations seront débattues aujourd’hui en séance plénière.
« La situation et le contexte sont difficiles, et La Réunion n’est pas à l’écart des perturbations qui agitent la planète entière. Le Conseil général n’entend ni baisser les bras, ni laisser les Réunionnais seuls face à eux-mêmes ». En d’autres termes, le Conseil général appelle les Réunionnais à se serrer les coudes et apporte sa contribution à la bataille. Il s’agit de dégager des marges de manoeuvres budgétaires afin de concrétiser les orientations de la mandature.
Le Département souligne cinq axes prioritaires : le logement, l’insertion, l’éducation, les publics vulnérables et le développement durable.
Le Département rappelle que la présentation des orientations budgétaires a lieu dans un contexte international et national marqué par l’impact de la crise mondiale. En France, le gouvernement table sur 1% de croissance pour construire son budget pour 2009. Ce contexte aura des répercussions sur le budget du Département.
L’Etat doit encore
Nassimah Dindar constate que depuis 2004, les recettes de la collectivité diminuent, alors que les charges augmentent. Cette hausse des dépenses résulte des conséquences de l’acte II de la décentralisation, qui a transféré aux Conseils généraux de nouvelles compétences, sans que les moyens financiers suivent. « En 2007, le Conseil général a dépensé 470 millions d’euros pour le RMI, l’Etat a versé 430 millions ; pour l’APA, le Conseil général a dépensé 90 millions, l’Etat a versé 40 millions ».
Fin 2007, la charge nette non compensée des seuls transferts de l’APA et du RMI atteint 230 millions d’euros. A cela va s’ajouter l’impact du transfert des TOS. Là aussi, le Conseil général devra puiser dans ses fonds propres pour compenser des transferts financiers insuffisants.
Pour concilier rigueur budgétaire et réaliser des objectifs de la mandature, « nous avons décidé de limiter les dépenses de fonctionnement et de nous recentrer sur nos compétences », précise Nassimah Dindar. Limiter les dépenses signifie « rationaliser en termes de fonctionnement ». Le Conseil général prévoit de fermer plusieurs de ces 400 implantations. Il compte également faire la chasse aux indus, que cela soit auprès des particuliers ou des institutions. Cela veut donc dire que la bataille pour demander à l’Etat de compenser intégralement les transferts de compétences se poursuit.
Rationalisation
Pour les associations, l’accès aux subventions sera plus difficile. Il faudra désormais justifier précisément le moindre euro de fonds public dépensé. Par ailleurs, les subventions vont diminuer de 10%.
Toutes ces démarches s’appuient notamment sur les conclusions d’un cabinet d’audit qui a permis de dégager une stratégie budgétaire pour les prochaines années. « Les orientations politiques doivent rester cohérentes avec notre capacité financière », précise Nassimah Dindar.
Mais cette politique de rationalisation des dépenses ne signifie pas un repli total du Département sur ces compétences. Les communes seront fortement aidées, et le Département annonce des investissements pour la petite enfance et les écoles primaires.
La collectivité affiche sa « volonté d’accompagner les publics prioritaires » et souligne que « quand les temps sont durs, il faut savoir innover ».
Manuel Marchal
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