Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Une visite discrète par crainte des manifestations d’hostilité
28 novembre 2016, par

Pendant trois jours, Marine Le Pen, présidente du principal parti de l’extrême droite française est en visite à La Réunion. Un programme discret mises à part les apparitions sur les plateaux des télévisions. Celle qui est en tête des sondages pour la présidentielle en France craint les manifestations d’hostilité des Réunionnais envers les idées qu’elle symbolise.
Marine Le Pen, présidente du principal parti de l’extrême droite française est arrivé hier à La Réunion. Pour éviter les manifestations d’hostilité, elle a bénéficié d’une protection policière afin de sortir de l’aéroport par une porte dérobée. Cette mesure de faveur étonnante vis-à-vis d’une représentante d’un mouvement qui remet en cause les valeurs de la République — Liberté, Egalité, Fraternité — s’explique par le poids politique de son parti en France. Une situation rendue possible par l’attraction qu’exerce l’extrême droite dans les périodes de crise économique. Marine Le Pen est en effet candidate à l’élection présidentielle et chef du parti qui est arrivé en tête lors des élections européennes. De plus, elle caracole en tête des sondages portant sur le premier tour de l’élection présidentielle.
À l’occasion de son voyage à La Réunion, elle a présenté quelques mesures de son programme pour notre île. L’extrême droite est confrontée à plusieurs problèmes de taille à La Réunion. En effet, elle ne peut pas faire prospérer son discours populiste disant en substance qu’il faut expulser les immigrés pour régler les problèmes. Les Réunionnais sont tous des immigrés ou des descendants d’immigrés.
Finalement, le programme de l’extrême droite ne se distingue guère sur le plan économique. Il propose la création de zone favorisant le développement des « entreprises compétitives », d’une agence capable de gérer les investissements vers ces entreprises. Il entretient l’illusion qu’avec le protectionnisme, l’économie réunionnaise pourrait non seulement résister à la concurrence internationale mais en plus serait capable d’exporter. Concernant l’emploi aux Réunionnais, Marine Le Pen ne s’engage pas plus que ses concurrents des partis républicains.
Enfin, La Réunion est à ses yeux qu’une « porte d’entrée de la France dans l’océan Indien ». Ce discours économique pour La Réunion ne se distingue guère des partis républicains, seule la nature de « la France » diffère. Car une France dirigée par une extrême droite arrivée légalement au pouvoir serait un fait sans précédent depuis plus de 70 ans. Il faut en effet remonter au vote des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en 1940. Pour les Réunionnais, cette décision n’avait fait qu’aggraver la misère coloniale.
M.M.
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