Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
60 ans après les faits
18 octobre 2021, par

60 ans après le massacre du 17 octobre 1961, l’État va « reconnaître » la réalité de ce massacre perpétré par la police encouragée par Maurice Papon lui-même couvert par Roger Frey – ministre de l’Intérieur – encouragé par son chef, Michel Debré, premier Premier ministre de la 5e République.
Ce massacre perpétré contre des citoyens français [appellation à laquelle on ajoutait aussitôt « musulmans d’Algérie »] frappés d’une interdiction ne s’appliquant qu’à eux seuls a été réfuté par quasiment tous les gouvernements qui se sont succédé depuis le 17 octobre 1961.
60 années durant lesquelles les gouvernements ont exprimé leur indignation et condamné nombre des massacres commis ailleurs qu’en France, ce qui est bien. Et, la plupart du temps, les gouvernants ne se sont pas privés de faire la leçon aux auteurs de ces crimes et parfois même à leurs victimes. On se rappelle de cette leçon qu’un premier ministre s’en est allé administrer aux étudiants de l’Université Palestinienne de Bir-Zeit et sa piteuse fuite devant la colère qu’il venait de provoquer.
Pendant 60 années, les gouvernants ont usé de maints procédés illégaux pour interdire aux chercheurs d’accéder aux archives du 17 octobre 1961 au nom du secret-défense… des crimes commis sur injonctions des gouvernants.
Dans le même laps temps, lors d’une visite à Dakar, un président de la République exhortait les Africains à entrer dans l’Histoire, cette même Histoire à l’accès de laquelle les chercheurs se heurtaient – et se heurtent encore – au veto de tous les gouvernements de la 5e République.
À La Réunion, cette interdiction est bien connue : elle a conduit les responsables préfectoraux à interdire et saisir Témoignages 47 fois.
Paul Vergès a été condamné à la déchéance de ses mandats politiques, à des amendes et à de la prison ferme pour délits de presse et pourchassé – sans succès – 27 mois durant. Son crime : avoir publié dans Témoignages les articles de la presse parisienne dénonçant le massacre du 17 octobre 1961.
Aujourd’hui, l’actuel locataire de l’Élysée va s’adonner à l’un de ses exercices de com’ avec un bel emballage de mots choisis pour ne surtout pas aller à l’essentiel.
Lire les archives de Témoignages et l’article d’Olivier Le Cour Grandmaison permettra à qui s’en donne la peine de comprendre tout à la fois l’ampleur du massacre et la profondeur de la blessure causée aux Algériens et aux idéaux proclamés par les constitutions des 4e et 5e Républiques.
Jean Saint-Marc
Nos peines
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