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7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Les transferts publics soutiennent l’économie
28 octobre 2014, par

Les chiffres de l’INSEE datent de l’année où le gouvernement a décidé de faire de Mayotte un département français sans appliquer l’égalité. Or, c’est au moment où le modèle de l’intégration montre toutes ses limites qu’il est étendu dans une île qui a une très forte croissance démographique : triplement de la population en 30 ans, hausse de 2,7% par an sans compter les habitants clandestins.
Les chiffres publiés hier par l’INSEE de Mayotte datent de 2011, ils sont contemporains de la décision de la France de transformer cette île de l’archipel des Comores en département français, tout en refusant l’égalité à ses habitants.
En effet, contrairement à la loi du 19 mars 1946 qui prévoyait l’égalité au 1er janvier 1947 pour les Réunionnais, Guyanais, Guadeloupéens et Martiniquais, le régime imposé aux Mahorais interdit cette possibilité pour la remplacer par une mise en place progressive des lois sociales. Ainsi les plus pauvres ont un RSA qui est bien inférieur au droit commun.
Cette discrimination crée automatiquement un appel à l’émigration vers La Réunion car dans notre île, les minima sociaux et les allocations familiales sont au moins 200% plus élevés qu’à Mayotte. Les Mahorais sont en effet considérés par la France comme des citoyens de la République et en posant le pied à La Réunion, un Mahorais bénéficie automatiquement des mêmes droits que les Réunionnais.
Les Européens ont aussi choisi de ne pas appliquer l’égalité aux Mahorais. Bruxelles a donné à Mayotte le statut de Région ultrapériphérique, mais a choisi d’inventer pour les Mahorais le principe d’une dotation forfaitaire pour les Fonds structurels. Autrement dit, les critères qui s’appliquent à La Réunion, à Madère, aux Açores, aux Canaries, aux Antilles et à la Guyane ne sont pas ceux qui sont appliqués à Mayotte. Par ce subterfuge, l’économie sur le dos des Mahorais s’élève à plus de 100 millions d’euros. La lutte contre cette discrimination est une des batailles de Younous Omarjee au Parlement européen.
Si la transformation de Mayotte en département français par la France suscite une adhésion à Mayotte, c’est parce qu’une partie de la population pense que la France amènera dans l’île des transferts publics qui permettront d’améliorer la situation.
Mais le contexte de la France de ce moment n’est pas le même que dans les années 50, 60, 70 ou 80. Quand La Réunion devient un département, la France est à la veille d’une période de grande croissance économique, les 30 Glorieuses. Malgré le coût de ses dernières guerres coloniales au Vietnam et en Algérie, la France est en expansion économique. Elle manque même de bras pour son industrie et elle vient recruter des travailleurs dans ses anciennes colonies en Afrique, aux Antilles et à La Réunion.
Malgré cette opulence, la France a refusé d’appliquer la loi d’égalité à La Réunion et réussit à y diviser le mouvement progressiste en accordant à une partie des travailleurs les avantages jusqu’alors réservés aux Français expatriés dans les colonies. Au bout de 50 années de lutte, l’égalité avec la France est enfin obtenue pour le SMIC et les allocations familiales. Mais l’inégalité s’était creusée entre Réunionnais, et les monopoles attirés par la manne des transferts publics s’étaient installés.
Or, au moment où Mayotte devient un département, la France n’est plus celle des 30 Glorieuses. C’est un pays en déclin qui a perdu une grande partie de son industrie, et qui voit le chômage battre des records. Autant dire que les moyens budgétaires existant au moment de l’intégration de La Réunion ne sont plus là.
À La Réunion, l’impact du ralentissement des transferts publics se fait fortement ressentir. C’est notamment le cas dans le BTP, avec le désengagement de l’État dans le logement intermédiaire. Les collectivités subissent des restrictions de plus en plus dures avec la politique d’austérité.
La croissance économique de Mayotte est clairement portée par les transferts publics alors que ce modèle est en pleine crise et ne permet pas de développement. La faiblesse de l’économie réelle dans la création de richesses le confirme et montre bien la fragilité de toute cette construction.
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