Contre le transfert des T.O.S.

Mobilisation à Paris et à La Réunion

19 mai 2004

À l’appel de l’intersyndicale SGEN-CFDT, SGPEN-CGTR, FSU et UNSA Éducation, plusieurs dizaines de TOS (techniciens ouvriers de service) de l’Éducation nationale se sont réunis hier devant le rectorat à Saint-Denis et devant la mairie de Saint-Pierre. Ils protestaient une nouvelle fois contre le projet gouvernemental prévoyant de les transférer de l’Éducation nationale aux collectivités locales.

Plusieurs dizaines de TOS se sont rendus hier devant le rectorat pour dire une nouvelle fois leur « ferme volonté » d’être maintenus dans l’Éducation nationale. (photo Imaz Press Réunion)

"C’est un rassemblement symbolique. Nous n’avons pas appelé à la grève. Nous voulions apporter notre solidarité à nos collègues qui sont reçus aujourd’hui par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin", soulignait hier Jean-Marc Gamarus, dirigeant du SGPEN-CGTR. Devant l’entrée du rectorat à Saint-Denis, quelques dizaines de TOS (techniciens et ouvriers de service) sont regroupés.
Comme à Saint-Pierre, ils se sont réunis à l’appel de l’intersyndicale SGEN-CFDT, SGPEN-CGTR, FSU et UNSA. Ils sont venus dire une nouvelle fois leur "ferme volonté" d’être maintenus dans l’Éducation nationale. En cela, ils s’opposent au projet de loi de décentralisation imposé par le gouvernement, et prévoyant leur transfert vers les collectivités locales contre la volonté de celles-ci et des personnels concernés. La tutelle des agents serait transférée au Conseil général pour ceux travaillant dans les collèges, et au Conseil régional pour ceux travaillant dans les lycées.
"En ce moment, 8.000 de nos collègues sont rassemblés devant le Palais Bourbon (siège de l’Assemblée nationale - NDLR). Une délégation va ensuite être reçue par le Premier ministre. Nos collègues vont dire non au transfert et c’est pour les soutenir que nous sommes réunis aujourd’hui", notait Jacky Chane-Alune, secrétaire général adjoint de l’UNSA Éducation. La Réunion a été représentée au rassemblement de protestation à Paris. Une délégation de 6 syndicalistes (deux de l’UNSA, deux de la FSU, un du SGEN-CFDT et un du SGPEN-CGTR) s’est rendue à Paris "pour joindre la voix de La Réunion à celles s’opposant au transfert", indiquait Jean-Marc Gamarus.

Soutien des élus

Jacky Chane-Alune rappelait pour sa part que 24 des 26 présidents de Région de France et d’Outre-mer sont désormais contre le basculement des compétences. "À La Réunion, nous avons même fini par obtenir le soutien du Conseil général", se réjouit-il. Le 7 avril dernier en effet, Nassimah Dindar, nouvellement élue présidente du Département, annonçait que la majorité départementale avait pris la décision de se prononcer contre le transfert des TOS. "C’est une position sur laquelle nous ne reviendrons pas et que nous défendrons face au gouvernement. Nous ferons entendre la voix de la base et nous espérons que le gouvernement sera réceptif", commentait alors la présidente. Il s’agissait d’un changement radical puisque jusqu’à ce moment-là le Conseil général se disait favorable au transfert.
Le Conseil régional s’était pour sa part toujours déclaré opposé au basculement de compétences. Cela au motif que la collectivité régionale n’aura pas les moyens de faire face aux dépenses engendrées par ce transfert. En effet, si l’État versera aux collectivités tous les fonds nécessaires à la rémunération des agents transférés, il n’assurera pas les appointements des personnels qui seront embauchés par la suite. Or, note Paul Vergès, pour faire face à la pression démographique et pour pallier le déficit déjà existant en personnel, des centaines de créations de postes TOS seront nécessaires, mais les collectivités n’auront pas les moyens financiers de faire face à la dépense.
Le Président de la Région avait du reste déjà adopté cette position lors des grèves qui ont agité l’Éducation nationale en 2003.

Manifestation mardi à Saint-Denis

Certes, ils n’étaient qu’une poignée à s’être retrouvés sur la place de l’hôtel de ville de Saint-Pierre. Mais que l’on ne s’y trompe pas : les TOS sont loin d’avoir abdiqué. Hier, une grosse trentaine d’entre eux sont venus faire part de la colère qui gronde toujours dans leurs rangs, face au projet gouvernemental de transfert de leur catégorie professionnelle de l’État vers les collectivités (Région et Département).
En fait, les TOS, à en croire ceux qui ont fait le déplacement à Saint-Pierre, avaient tous en tête la manifestation prévue mardi prochain à Saint-Denis. Ils auront alors l’occasion de redire, une fois encore, leur opposition à leur transfert. Si le rassemblement d’hier s’est fait sans tambour ni trompette, sans prise de parole, le rendez-vous de Saint-Denis est en revanche très attendu.
À noter également hier la présence du président de la FCPE, Hervé Lauret, venu apporter son soutien aux TOS et, par là-même, dire l’attachement de sa fédération au service public de l’Éducation nationale.


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Témoignages - 82e année


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