Interview Freedom de Maurice Gironcel

"Nous n’avons pas à rougir du travail mais beaucoup aussi reste à faire"

29 juillet 2025, par temoignagesceline

A l’occasion d’une interview accordée à Radio Freedom, lors de l’émission "Face aux auditeurs", Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne, président de la Cinor et du Sidelec a fait le bilan de son mandat, à quelques mois des élections municipales.

Plusieurs sujets ont été évoqué, dont l’appel à la mobilisation générale lancé par les Forces progressistes, menées par Huguette Bello et qui a été entendu par Maurice Gironcel.

"J’entends cet appel. Je le partage et serais toujours aux côtés de la population. Il y a quelques jours de cela, le 22 juillet dernier, huit formations syndicales de salariés se sont unies pour exiger du Gouvernement l’abandon des mesures qualifiées de brutales, injustes et inefficaces. J’entends aussi cet appel."

"Ma méthode est de respecter tout le monde et d’écouter tout le monde"

A la question d’Yves Montrouge, animateur de l’émission, sur les opposants au conseil municipal, hormis Olivier Dugain (ex. Croire et Oser), Maurice Gironcel a expliqué que "les réunions du conseil municipal sont des lieux d’expression démocratique. Chacune et chacun est libre de s’exprimer pour faire connaitre ses points de vue. Tous les élus peuvent faire connaitre leur position sur tel ou tel dossier. Ma méthode est de respecter tout le monde et d’écouter tout le monde".

Concernant les élections municipales, "avec mon équipe, nous sommes au travail. La priorité doit rester de mener à terme le projet de mandature. Viendra le moment où il s’agira de construire le rassemblement, le plus large avec celles et ceux qui le souhaitent".

"Pour ma part, je respecterais toujours la parole donnée et ma signature. Mais comme moi, vous savez aussi que Sainte-Suzanne est un territoire où la démocratie est vivante. Cela n’a pas été toujours le cas. Nos zarboutans s’en souviennent encore".

Concernant la présence dans la majorité municipale de Ramata Touré, macroniste siégeant au bureau national du parti présidentiel, Maurice Gironcel a dit vouloir "être très clair".

"Avec Madame Touré, nous avons un accord de mandature. Une parole a été donnée. Je la respecterais. A contrario, je ne suis pas le seul à dire que le plan d’austérité viendra creuser les inégalités et fragiliser les plus vulnérables. La section communiste a fait connaitre sa position. Je la partage".

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Co-construire un projet réunionnais

Yves Montrouge a demandé à Maurice Gironcel, ancien secrétaire général du PCR, quel est le poids de son parti aux élections, alors qu’"une partie des sections, dont celle de Sainte-Suzanne, roulent du côté d’Ericka Bareigts, tandis que d’autres sont du côté d’Huguette Bello".

Pour Maurice Gironcel, "un parti, c’est un projet, des militantes et des militants. Face aux défis qui sont les nôtres, avec d’autres nous travaillons à coconstruire un projet réunionnais".

D’ailleurs, "les conférences péi que nous tenons avec les maires de la plateforme et les forces vives visent cet objectif. Nous sommes aussi dans la majorité régionale. Nous ne pouvons pas appeler au rassemblement le plus large et de manière artificielle exclure les uns et les autres. Cela serait un non-sens".

"Je resterais avant tout un militant du Parti Communiste Réunionnais"

Accusé de corruption et de favoritisme dans l’affaire Sidélec, Maurice Gironcel attend son jugement le 25 septembre prochain. Ce dernier risque 5 ans de prison ferme et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

Les six jours de procès ont été "une épreuve", a souligné Maurice Gironcel qui a tenu à "remercier toutes les personnes qui m’ont exprimé leur solidarité. Je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai vécu. Je dois dire que les temps n’ont jamais été faciles pour les communistes. Nous avons une longue histoire qui parle d’elle-même".

D’ailleurs, "lorsque cela est nécessaire, nous nous expliquons sans détour, avec cohérence et conviction. Avec les militants et la majorité municipale, nous restons combatifs. C’est l’essentiel", a assuré Maurice Gironcel.

"Il vous arrive de penser, depuis mai dernier, que ça va peut-être, prochainement, être la fin de votre longue carrière politique" ?, a posé Yves Montrouge. "Loin de moi de considérer l’engagement syndical ou politique sous l’angle d’une carrière", a répondu Maurice Gironcel.

"Dans ce contexte qui est le nôtre, avec un chômage massif, il faut se donner les moyens de répondre aux aspirations des personnes privées d’emplois. Cela fait partie de mon engagement. En tout cas, hier, aujourd’hui, comme demain, je resterais avant tout un militant du Parti Communiste Réunionnais".

Si le parquet prononce l’exécution provisoire, "avez-vous prévu votre successeur à la mairie de Sainte-Suzanne ?". "Chaque chose en son temps", a répondu Maurice Gironcel.

Ce dernier a dit être "toujours inspiré des réflexions et des combats de Paul Vergès et Lucet Langenier pour conduire en équipe les destinées de Sainte-Suzanne. Aujourd’hui, il s’agit de faire le bilan de cette mandature. Nous n’avons pas à rougir du travail mais beaucoup aussi reste à faire".


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