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Intervention du représentant du Groupe réfugiés Chagos à la conférence idéologique internationale
8 novembre 2019, par

Organisée du 26 au 28 octobre dans le cadre des 60 ans de la création du Parti communiste réunionnais, la conférence idéologique internationale a vu les représentants des différentes délégations s’exprimer lors de la séance plénière de clôture, le 28 octobre à Saint-Denis. Après les partis politiques venus de l’extérieur, la parole a été donnée aux organisations non gouvernementales invitées. Olivier Bancoult, porte-parole du Groupe réfugiés Chagos est intervenu dans ce cadre.
Les Chagossiens luttent depuis 50 ans pour retourner dans leur pays dont ils ont été expulsés en raison de la création de la base militaire américano-britannique de Diego Garcia. Leur combat exemplaire a permis d’importantes avancées rappelées par Olivier Bancoult, porte-parole du Groupe réfugiés Chagos.
Il a tout d’abord souligné que l’amitié entre Chagossiens et Réunionnais date de 1989, « quand nous sommes venus à La Réunion pour plaider notre cause au niveau mondial, grâce à Paul Vergès ». « Nous vivions heureux aux Chagos, nous vivions dans la paix et l’amour. Notre drame a commencé en 1965. Nous avons été traités comme des animaux, ce sont de lourdes séquelles. Puis nous avons été abandonnés en arrivant à Maurice », se souvint-il.
« La lutte a commencé avec les femmes, notamment Mme Talate et ma mère Mme Bancoult, il y avait alors des affrontements avec la police de Maurice ». Le Groupe réfugiés Chagos fut alors créé en 1983.
Depuis 1987, les Chagossiens mènent des actions juridiques contre la Grande-Bretagne, dont le gouvernement leur interdit tout retour. La première victoire date du 3 novembre 2000, quand la Haute cour de Londres reconnut le droit des Chagossiens au retour au Chagos. Mais le gouvernement britannique n’eut de cesse de faire des recours pour casser cette décision.
En 2016, les Chagossiens décidèrent de s’engager avec l’État mauricien pour plaider la cause des Chagos à l’ONU. Maurice a porté le débat sur la question de la souveraineté sur les Chagos, rappelant que durant l’époque coloniale, les Chagos étaient administrées par Maurice. La séparation du fait de la création du British Indian Ocean Territory signifiait que la décolonisation de Maurice restait inachevée.
Olivier Bancoult rappelle qu’en 2017, l’affaire fut portée devant l’Assemblée générale de l’ONU. Un vote largement majoritaire a permis de saisir la Cour internationale de Justice de La Haye. L’audience eut lieu en septembre 2018, et fut marqué par le témoignage poignant de Liseby Elysé, qui raconta l’embarquement forcé, la déportation à fond de cale et les mauvais traitements subis. La Cour internationale de Justice rendit un avis ordonnant à la Grande-Bretagne de déguerpir des Chagos. En 2019, l’Assemblée générale de l’ONU se prononça sur la suite à donner à l’avis juridique. A une majorité encore plus large, la communauté internationale s’est rangée à l’avis de la Cour de justice internationale, et a fixé un ultimatum à la Grande-Bretagne, elle a jusqu’au 22 novembre prochain pour cesser son administration des Chagos, et favoriser le retour des Chagossiens dans leur pays. Le Groupe réfugiés Chagos prévoit donc d’organiser une visite des îles anciennement peuplées par les Chagossiens pour préparer le retour.
« Nous avons été soutenus par le PCR, Paul Vergès a toujours défendu les Chagossiens. Elie Hoarau, alors député au Parlement européen, était intervenu à l’assemblée ACP-UE. Au Sénat, Gélita Hoarau avait aussi plaidé la cause des Chagossiens », rappela en substance Olivier Bancoult.
Il salua aussi la création du Comité de solidarité Chagos-La Réunion présidé par Georges Gauvin, et du Mouvement réunionnais pour la paix, présidé par Julie Pontalba.
Le soutien des communistes réunionnais est d’ailleurs inscrit dans le paysage. Olivier Bancoult indiqua avec émotion que la future avenue principale du Port a été dénommée avenue des Chagos quand Jean-Yves Langenier était le maire de la commune.
Et de conclure : « sans votre soutien, nous ne serions pas là. Nous allons embarquer pour les Chagos sans demander la permission des Britanniques ».
M.M.
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