La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Du côté de Saint-Leu
23 avril 2007

Le premier tour de l’élection présidentielle n’a pas empêché le soleil de briller, hier, sur la commune balnéaire de Saint-Leu, ni les familles de se rendre à la plage avant ou après avoir accompli leur devoir civique. Un dimanche presque comme les autres.
C’est au sortir de la messe que les premiers votants se sont dirigés vers les bureaux de la ville qui n’ont pas été engorgés par les files d’attente. 19.000 inscrits étaient pourtant attendus. C’est la première fois que Gilbert, 53 ans, employé de banque, répondait à l’appel des urnes. « J’avais le sentiment auparavant que ma voix ne changerait pas grand-chose. L’expérience de 2002 m’a incité à franchir le pas. Si ce n’est dans le résultat final, je me dis qu’aujourd’hui, ma voix compte au moins pour moi : je ne pourrai pas regretter cette fois de ne pas avoir donné mon opinion ».
Du côté de la Ravine, des artistes sont à pied d’œuvre pour préparer le Festival Tempo. La relâche de l’après-midi leur permettra d’aller voter, car, comme le souligne Pierre Munoz, responsable de la compagnie Cirque des Cirques : « Bien sûr que c’est important d’aller voter et bien sûr que nous irons ». La culture n’a pourtant pas été au centre des débats de cette présidentielle, mais les artistes, eux, n’oublient pas la politique.
« Pour les législatives, le bureau serait noir de monde »
Sur les hauteurs de la ville, la circonscription de Piton Saint-Leu vit aussi un dimanche d’élection. Les trois bureaux installés à l’Hôtel de ville ne sont pas pris d’assaut, comme le souligne la Présidente du bureau 18, Monique Apaya. Elle ne s’en étonne pas. Selon elle, le scrutin de la Présidentielle ne mobilise pas beaucoup les habitants, du moins au premier tour. A 11 heures, son bureau enregistrait 300 votants pour 934 inscrits, contre 250 votants pour 983 inscrits pour le bureau voisin. « A la même heure, pour les législatives, le bureau serait noir de monde », confie Monique Apaya, qui souligne encore, d’expérience, que les votants seront certainement plus nombreux au second tour. Mais la journée n’était pas encore terminée. Elle note néanmoins un changement au niveau de l’organisation cette année : ce n’est plus la mairie qui annoncera les résultats de tous les bureaux de la commune à la Préfecture, mais chaque président de bureau qui sera chargé de contacter lui-même les autorités. Une méthode plus lourde pour des élections très réglementées, et encadrées sur le plan médiatique.
Stéphanie Longeras
Réactions
• Wilson, 25 ans :
« Tous des beaux parleurs »
Dès qu’il en a eu le droit, Wilson a voté, car pour lui, « c’est un devoir, il faut bien le faire ». Il confie avoir un peu hésité avant de faire son choix, mais « j’ai voté plus par conviction que par rapport aux débats qui étaient insuffisants. C’est surtout pour éviter de mettre quelqu’un d’autre au pouvoir. Le changement, je n’y crois pas trop, ce sont tous des beaux parleurs, mais je vote surtout pour éviter de se retrouver avec quelqu’un au pouvoir qu’on ne veut pas ».
• Maurice 89 ans :
« J’ai jamais manqué un vote »
Même si son corps ne répond pas comme il le voudrait, ce qui rend son passage aux urnes un peu difficile d’autant qu’il est seul, l’esprit de Maurice reste vif, et son choix, déterminé. Quelques secondes derrière le rideau lui ont suffi pour glisser son bulletin dans l’enveloppe. « Tous les jours, j’écoute les informations, je me renseigne, confie Maurice. J’ai jamais manqué un vote ». Et contrairement à ceux qui ne croient pas au changement, Maurice, lui, pense que « c’est de plus en plus difficile de vivre avec 400 euros, alors si je vote, c’est pour que ça change en meilleur ! ».
• Guylène, 65 ans et sa fille Sylvie, 38 ans :
« Pas convaincue par les politiques »
Guylène préfère laisser parler sa fille, car elles partagent la même opinion. « On vote parce qu’il faut voter, on fait notre devoir. On a fait notre choix à l’avance en consultant les programmes ». Pensent-elles que le scrutin de la Présidentielle peut améliorer leur quotidien ? Guylène hoche timidement la tête alors que sa fille avoue franchement qu’elle n’est « pas convaincue par les politiques. Ce sont tous les mêmes, ils disent plein de choses, mais une fois au pouvoir... on verra bien ! ».
• Guillaume, 19 ans et Ludwig, 18 ans :
« L’emploi, l’emploi pour les jeunes »
En redescendant vers la ville de Saint-Leu, devant une petite boutique, nous avons rencontré ces deux jeunes garçons qui devaient se rendre aux urnes l’après-midi. Pour Guillaume, « c’est une obligation », « un devoir civique » pour Ludwig. Le premier a fait son choix alors que le second hésitait encore en fin de matinée. Croient-ils au changement ? « Bof, pas trop, confie Guillaume. Y faut bien voter pour quelqu’un ». Ils ont pourtant une attente forte et unanime : « l’emploi, l’emploi pour les jeunes ».
Propos recueillis par SL
An plis ke sa
15 heures, petit bureau de vote de l’Hôtel de ville de Saint-Paul : calme plat. Son Président souligne pourtant qu’avec 191 votants pour 326 inscrits, le taux de participations est déjà supérieur de +10% par rapport à la Présidentielle de 2002, élection pour laquelle la région Ouest s’est distinguée par son taux d’abstentions.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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