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4 juin, parNos peines
Deux mois après le CIOM
8 janvier 2010, par

Selon les termes mêmes du Gouvernement, le logement à La Réunion est la première des « urgences sociales ». Jusqu’à quand les Réunionnais attendront-ils l’application des réformes annoncées.
Avec 30.000 demandes insatisfaites, le déficit de logements pèse lourdement sur la société réunionnaise.
60 ans après la loi du 19 Mars 1946, on reste stupéfait devant une telle situation d’inégalité. Comment la France, 4ème puissance mondiale, demeure-t-elle incapable de régler les problèmes de 800.000 habitants ? La question se pose d’autant plus que le logement est de la compétence de l’État. À la fin de la Guerre, la France a bénéficié de la création massive de logements… force est de constater que dans le domaine du logement, La Réunion subit aujourd’hui une pression aussi forte que l’Hexagone dans l’immédiat après-guerre.
Un « Plan Marshall du logement » qui n’a pas reçu d’application
Depuis l’annonce de sa candidature, le Président parle de rupture. Lors de la restitution des travaux du Conseil interministériel, le Président a parlé de refonder sur le « respect » la relation entre l’Outremer et l’Hexagone. Dans le secteur du logement, les mesures transversales arrêtées par le Conseil interministériel de l’Outremer (CIOM) ont pris acte de ce que « la production de logements sociaux reste très insuffisante Outremer, comptes tenu des besoins ».
En conséquence, l’Exécutif annonce « trois séries de réformes : Libérer du foncier en mettant à disposition gratuitement les terrains non utilisés par l’État si ceux-ci sont destinés à accueillir des logements sociaux ou des grands équipements publics ; assouplir les règles d’utilisation des aides, par exemple en autorisant les porteurs de projets à se substituer aux communes pour le financement de la surcharge financière ; garantir le niveau des moyens budgétaires de l’État sur 45 ans ; accorder une priorité à la résorption de l’habitat insalubre et indigne ».
Un véritable Plan Marshall du logement social a été adopté pour La Réunion, qui associe l’État, les collectivités, les entreprises et les artisans.
Avec l’emploi et le coût de la vie, la question du logement était au cœur des doléances portées par les Réunionnais lors des grandes mobilisations du mois de mars dernier. Cette détresse face à l’incapacité de toute une population de trouver ou de payer un logement décent a été relayée par le document soumis par les Assemblées réunionnaises au Gouvernement. Des mesures fortes ont été arrêtées par ce dernier à l’issue du CIOM. Pourquoi n’ont-elles pas même reçu un commencement d’application ?
Une question idéologique ?
À La Réunion, le logement social fait l’objet d’un refus d’ordre idéologique de la part de plusieurs acteurs de premier plan. Au premier rang de ceux-ci, on trouve Didier Robert, député-maire du Tampon et dirigeant de l’Union, coalition formée en vue des régionales lors du dernier Congrès de l’UMP-Réunion. Les habitants du Tampon ont déjà fait les frais du refus catégorique de leur maire d’appliquer la loi qui impose aux communes l’obligation d’atteindre le seuil minimal de 20% de logements sociaux. Didier Robert préfère acquitter la pénalité infligée par la loi aux communes qui ne remplissent pas cette obligation. Ce système, Didier Robert le juge bon pour l’ensemble de La Réunion : dans un discours récent, il a clairement attaqué la notion même de logement social, au nom d’un idéal irréalisable et démagogique de la « case à terre pour tous ». Cette idéologie est aujourd’hui en contradiction directe avec la lettre et l’esprit des orientations nouvelles arrêtées par la République vis-à-vis de la population des Outremers. La situation dramatique de notre pays va-t-elle néanmoins à perdurer, sans que la République ne prenne la responsabilité d’appliquer les réformes qu’elle a elle-même annoncée ?
Geoffroy Géraud-Legros
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