« Accord de libre-échange entre L’Union européenne, les Comores, Maurice, Madagascar et les Seychelles : graves conséquences pour les Réunionnais pas consultés »
7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Claude Hoarau, maire de Saint-Louis :
2 avril 2010

Au lendemain de la garde à vue imposée à Claude Hoarau, ce dernier revient sur les faits qui lui sont reprochés et montre combien le dossier est vide.
Vous avez vraiment signé un protocole promettant à Krishna Badamia d’embaucher une dizaine de ses partisans en échange de son soutien électoral ?
- J’ai effectivement signé un protocole avec Krishna Badamia. Le document prévoyait qu’il me propose les noms d’une dizaine de personnes qui seraient susceptibles d’être embauchées, en cas d’élection, à la mairie de Saint-Louis.
Il y a eu promesse d’embauche, le protocole le prouve et cela pouvait constituer un délit, mais l’affaire est désormais prescrite. L’article 106 du code électoral fixe à 6 mois le délai de prescription pour ce type de faits. Ce délai est largement dépassé.
Ceux qui veulent à toute force m’incriminer le savent bien. Alors ils ne parlent pas de promesse d’embauche mais essayent de m’accuser de discrimination à l’embauche en vertu de l’article 225 du code pénal. Hélas pour eux, leur argumentaire ne tient pas…
Vous avez pourtant promis d’embaucher des personnes sur un critère d’appartenance à un courant politique, celui de Krishna Badamia en l’occurrence, c’est de la discrimination…
- Il n’y a pas eu discrimination pour la bonne et simple raison qu’il n’y a pas eu embauche. Krishna Badamia ne m’a jamais proposé de nom et je n’ai jamais recruté personne sur la base de ce protocole. Le délit de discrimination à l’embauche prévu et puni par l’article 225 du code pénal ne s’applique donc pas en la matière puisqu’il n’y a pas eu infraction.
Comment expliquez vous alors que des personnes dites proches de Krishna Badamia aient été embauchées plusieurs mois après les élections ?
- Elles n’ont rien à voir avec le protocole. Elles entrent dans le cadre de la politique de partage de l’emploi que nous avons mis en place dès notre arrivée à la tête de la municipalité saint-louisienne. Dans ce cadre quelque 600 personnes sont entrées et sorties des effectifs communaux. Les 4 partisans de Monsieur Badamia en faisaient partie sans que cela ait de rapport avec un quelconque protocole.
Il n’y a pas eu discrimination à l’embauche puisque leur nom n’a pas été proposé et que je ne les connaissais pas. En fait, il y aurait eu discrimination si j’avais refusé leur embauche du fait de leur appartenance au camp de Monsieur Badamia.
Yannick Payet-Fontaine était en garde-à-vue en même temps de vous. Que lui reproche-t-on ?
- D’avoir été l’artisan de la rencontre entre Krishna Badamia et moi. Il était 3ème sur sa liste et se trouvait alors en disponibilité de son emploi à la mairie de Saint-Louis. Il avait pris cette disponibilité car il ne supportait plus de travailler avec Monsieur Cyrille Hamilcaro.
Le protocole prévoyait sa réintégration dans les services. Mais cette réintégration était de toute façon possible puisque Yannick Payet-Fontaine se trouvait en disponibilité.
Claude Hoarau, on vous présente souvent comme un chef de bande, un seigneur de la guerre toujours prêt a ferrailler. Pourquoi cette réputation ?
- Sans doute parce que j’ai le tort de ne pas perdre les élections… Je dirais aussi que lorsque l’on parle de chef de guerre, on parle de morts. Mes militants n’ont jamais attenté ou tenté d’attenter à la vie de quelqu’un, c’est même le contraire.
La récente affaire de la soi-disant agression d’un chauffeur de bus partisan de Cyrille Hamilcaro s’est dégonflée. Les militants qui étaient poursuivis pour ce fait on été relaxés.
Ils ont été condamnés à une peine avec sursis, autant dire de principe, pour avoir bousculé un policier. Il est vrai que je suis toujours en première ligne aux côtés des militants lorsqu’il y a un affrontement. Comme je suis le plus connu, je suis aussi celui que l’on remarque le plus. Je ne suis pas du genre à me cacher derrière les militants. Ils le savent et cela me vaut leur affection.
Cela dit, je n’ai jamais été condamné, en 50 ans de vie politique, j’ai été mis en garde-à-vue pour la première fois lundi et surtout je n’ai jamais été impliqué dans une affaire de corruption, d’enrichissement personnel, d’ingérence ou autre. L’adversaire (allusion à Cyrille Hamilcaro – ndlr) est loin de pouvoir en dire autant…
10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
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