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4 juin, parNos peines
Les TOS et la mission d’inspection
14 octobre 2004

En attendant la rencontre avec deux inspecteurs généraux de l’éducation nationale cet après-midi, l’intersyndicale s’est déjà exprimée hier. Oui au rattrapage (il faut embaucher plus de personnel) ; mais cela ne doit pas faire accepter le transfert des techniciens et ouvriers de service à la Région et au Département.
D’accord pour discuter, mais pas pour céder. En attendant la rencontre avec les deux inspecteurs généraux de l’Éducation nationale cet après-midi, l’intersyndicale s’est retrouvée hier au Conseil régional pour une réunion de travail avec le Département, histoire de présenter un front uni.
Une nouvelle séance de travail entre l’intersyndicale et les collectivités est programmée pour ce matin, afin d’affiner les premiers chiffres qui ont été avancés hier. "Ces chiffres constituent une base de travail" résume Jean-Marc Gamarrus, de la CGTR, membre de l’intersyndicale, qui plaide pour l’élaboration d’un “document vérité” sur la situation réelle des TOS.
D’accord pour rencontrer les inspecteurs missionnés et discuter avec eux du rattrapage, mais Jean-Marc Gamarrus rappelle une position sur laquelle l’intersyndicale campe fermement : non au transfert des TOS (techniciens et ouvriers de service) à la Région et au Département !
"Si demain, transfert il doit y avoir, le rattrapage se fera sur la base de l’existant. Or, nous savons tous que compte tenu de la démographie, il nous faudra construire dans les dix années à venir une vingtaine de collèges et une dizaine de lycées. Et là, les emplois qui devront être créés seront à la charge des collectivités", souligne Jean-Marc Gamarrus.
Le responsable CGTR rappelle également que 50% du personnel TOS, en équivalent temps-plein, est en situation précaire sans que l’on ait une réponse quant à son avenir.
Jean-Marc Gamarrus résume une opinion partagée par l’intersyndicale : "Nous craignons un largage de l’Éducation nationale et que l’État refile le bébé aux collectivités. Nous estimons que l’Éducation nationale, et l’avenir de nos enfants, méritent un tout autre sort...". Sur ces différents points, on devrait en savoir plus lors du point de presse qu’elle compte organiser vendredi.
Pour Christian Picard, de l’Union nationale des agents, techniciens et ouvriers de service (UNATOS), les choses semblent moins évidentes. Une rencontre est-elle prévue cet après-midi avec la mission ? Rien n’est moins sûr pour le représentant de l’UNATOS. Mais, assure-t-il, qu’il y ait rencontre aujourd’hui ou un autre jour, il faudra qu’elle ait lieu. De préférence avec l’ensemble des organisations syndicales concernées par le dossier des TOS.
Ce flou artistique concernant une éventuelle rencontre augure mal, selon Christian Picard, des suites que l’on peut attendre de la mission de ces deux inspecteurs généraux de l’Éducation nationale. Il en veut pour preuve la visite effectuée hier après-midi par les deux inspecteurs au collège de la Chatoire, au Tampon.
Si, de prime abord, on peut se féliciter de cette visite sur le terrain, Christian Picard tempère : "Aller dans un collège, un mercredi après-midi, quand il n’y a pas d’élèves, quand les chefs d’établissement ne sont pas présents et que même les agents de permanence ne sont pas prévenus, on peut véritablement se poser des questions". Christian Picard ne fait pas mystère de son sentiment : "Je suis sceptique quant à cette mission et ses motivations profondes".
Pour ce qui concerne le rattrapage proprement dit, que l’on peut considérer comme une sorte de porte de sortie que le gouvernement essaie d’entrebâiller dans un conflit larvé qui dure depuis 18 mois, l’UNATOS, comme les autres membres de l’intersyndicale, se montre méfiante. D’autant que la notion même de rattrapage ne semble pas être perçue de la même façon par les organisations syndicales et par les responsables de l’Éducation nationale, que ce soit à l’échelon ministériel ou rectoral.
Pour l’UNATOS, par exemple, avec les 280 postes manquants recensés par les services du ministère pour l’académie de La Réunion, on est loin du compte. "Pour nous, le chiffre exact se situerait plutôt entre 800 et 1.000", soutient Christian Picard. Les estimations syndicales s’appuient sur le fait que l’on compte déjà de 1.000 à 1.200 CES, CEC, CIA etc. Autant d’emplois précaires utilisés souvent à mi-temps, qui correspondent à environ 600 équivalents temps plein.
"Si l’on ajoute ces 600 équivalents temps plein aux 280 avancés par le rectorat, on est déjà à près de 900 postes manquants", fait remarquer Christian Picard. Qui ajoute : "Si l’on fait appel à ces emplois précaires, qui font le même travail que les agents, mais pour un salaire sans commune mesure, c’est bien qu’il manque du personnel. Or, même avec l’apport de ces emplois précaires, on n’arrive pas à travailler correctement..."
Comme ses collègues de l’intersyndicale, Christian Picard prévient : "O.K. pour le rattrapage, mais pas question d’en faire un préalable pour le transfert des TOS auquel nous sommes toujours totalement opposés". Autrement dit, pas question de chercher à noyer le poisson avec cette mission qui, selon le représentant de l’UNATOS opère “an misouk” pour, au final, lâcher quelques créations de postes avant le transfert toujours prévu pour janvier prochain. Si tel était le cas, les représentants syndicaux l’ont déjà annoncé depuis belle lurette : ils redescendront dans la rue, même si, paraît-il, celle-ci ne gouverne pas. Mais au moins elle permet de montrer sa colère et de se faire entendre, même des pires sourds...
S. D.
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