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Pour le droit au retour au pays des fonctionnaires de police réunionnais
6 octobre 2012
Le 30 septembre dans le Parc de Vincennes à Paris, le collectif des Fonctionnaires ultramarins et GPX 974 ont organisé un rassemblement pour rappeler les revendications des policiers réunionnais mutés en France et qui ne peuvent plus rentrer. Paul Vergès a apporté la solidarité au travers de ce message qui a été lu publiquement au rassemblement. Nous le reproduisons ci-après avec des inter-titres de ’Témoignages’.
« Chers compatriotes, lorsque vous avez voulu vous former à un métier, acquérir une expérience, vous saviez que vous alliez devoir rester quelques années en France avant de pouvoir revenir à La Réunion.
Les possibilités de retour, les conditions de ce retour étaient clairement définies. C’est dans ce cadre que vous avez accepté de quitter votre île natale.
Aujourd’hui, les conditions de mutation ont été changées. Vous ne savez pas quand vous allez pouvoir rentrer.
Une initiative saluée
Il y a trois ans, il vous fallait attendre 15 ans avant de rentrer. Il y a deux ans, il vous fallait attendre 20 ans avant de revenir à La Réunion. Depuis un an, on vous fait savoir qu’il faut rester 25 ans avant de retrouver votre île natale. Cela n’est pas acceptable. Cela ne peut plus durer. Vous m’avez fait part de vos situations, individuelles ou collectives.
Vous avez souligné certaines situations que l’on ne peut admettre, comme le fait que, dans certains services du Ministère de la Justice, sur 60 fonctionnaires, il y a 10 Réunionnais seulement.
Vous avez décidé de prendre votre destin en main, et vous avez créé un collectif. C’est là une initiative extrêmement positive.
Vous avez formulé des propositions concrètes : vous avez brisé le tabou de la question des surrémunérations ou celle des primes de déménagement.
Vous avez proposé d’utiliser les moyens modernes de télécommunications pour que chacune et chacun d’entre vous sachent ce qui se passe, quels sont les postes qui vont être disponibles. Vous avez proposé que la question du créole soit un critère pour favoriser votre mutation.
Appliquons le droit
Vos revendications sont légitimes. Vous voulez faire appliquer le droit. Et seulement le droit.
Pourquoi cette circulaire de juillet 2010, issue des États généraux de l’Outre-mer et du CIOM, n’est-elle pas appliquée ? Pourquoi autant d’opacité sur l’application de cette circulaire qui permet des mutations pour des cas dérogatoires ?
Pourtant, les critères y sont bien définis : maladie vous concernant, maladie de votre conjoint ou de vos enfants ; décès d’un conjoint ou d’un enfant, ou naissance d’un enfant handicapé. Cela est valable pour tous les fonctionnaires. Or, comme vous nous l’avez rappelé, elle ne s’applique que très rarement, pour ne pas dire jamais, pour vous, fonctionnaires de police nés à La Réunion.
Certains, parmi vous, ont demandé à 6 reprises l’application du texte. Ils n’ont jamais été entendus. Pire, on ne leur a jamais donné les raisons du refus. Vous souhaitez l’application des textes existants. Vous souhaitez bénéficier d’une égalité de traitement.
Jamais nous ne pourrons tolérer qu’un fonctionnaire de police mette fin à ses jours avec son arme de service, car aucune perspective de retour au pays ne se dessine. Je comprends votre sentiment d’exaspération, de découragement devant une administration qui non seulement fait la sourde oreille à vos revendications, mais qui, en plus, n’applique pas la loi !
Il n’y a pas à faire des études ou des rapports pour faire appliquer la loi, pour faire respecter l’état d’esprit dans lequel cette loi a été conçue. C’est l’évidence même. Il faut donc qu’elle s’applique. C’est un premier point sur lequel nous ne transigerons pas.
« L’attitude de l’administration est inacceptable »
Mais nous devons voir plus loin et créer les conditions pour que les drames que vous connaissez s’arrêtent définitivement.
C’est par exemple la proposition faite aux ministres de l’Intérieur, de la Fonction publique, de l’Outre-mer, pour permettre le déblocage de la situation actuelle.
Pour le traitement de la demande de mutation, il faut prendre l’ancienneté de la demande et pas l’ancienneté dans le poste.
Le système marchait bien avant. C’est dans ces conditions que vous êtes partis en France. Aujourd’hui, le critère mis en avant par l’État, c’est l’ancienneté dans la fonction qui est le premier critère.
C’est comme si l’on changeait les règles du jeu au cours d’un match ! Et lorsque vous avez voulu savoir pourquoi les règles ont été modifiées, vous n’avez jamais pu obtenir la réponse ! L’administration ne vous a pas répondu non plus quand vous leur avez demandé pourquoi les délais nécessaires avant de prétendre à une nouvelle affectation à destination de l’Outre-mer se sont allongés. L’attitude de l’administration est inacceptable.
« Nou lé pa plis, nou lé pa mwin, respekt anou »
Vous nous avez fait savoir qu’il arrive à l’administration de muter des fonctionnaires zoreils à La Réunion, uniquement pour des raisons disciplinaires. Mais cela rappelle ces années sinistres où l’on envoyait des hommes et des femmes dans les bagnes de Guyane. Ou dans les colonies comme La Réunion !
Comme certains d’entre vous le disent, vous êtes en exil.
Vous nous avez également dit que la mutation à La Réunion pouvait être une récompense, pour ceux qui avaient eu, en France, une belle carrière.
La Réunion, l’île paradisiaque ?
Ce qui ferait donc que La Réunion soit aussi bien un bagne qu’un paradis ?
Ce sont des images d’un autre temps, d’une autre époque.
Mais ce qui reste toujours, c’est la discrimination.
Il n’y a aucune raison pour vous empêcher de revenir vivre à La Réunion, et retrouver vos familles, vos amis, pour retrouver tout ce qui fait notre culture, notre identité.
Or, encore aujourd’hui, il semble que l’on considère que les citoyens réunionnais n’ont pas les mêmes droits que les autres.
Il y a quelques années, Laurent Vergès avait lancé son mot d’ordre : « nou lé pa plis, nou lé pa mwin, respekt anou ».
Aujourd’hui encore, ce slogan est le nôtre !
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Messages
6 octobre 2012, 16:48, par Jean-Pierre HUET
Il serait interessant de connaître le nombre de fonctionnaires de police d’origine métropolitaine en service à la Réunion.
Il faut peut-être reconnaitre qu’il n’y a pas suffisamment de places dans la Police pour tous les originaires de la Réunion qui souhaitent embrasser cette carrière ?
Je suis quelque peu surpris - pour le moins - de cette histoire de métropolitains mutés à la Réunion "par mesure disciplinaire". Je pensais, naivement, que ces fonctionnaires ayant faillis d’une façon ou d’une autre étaient plutot mutés dans les département du nord et du nord-est.
Et ces fonctionnaires ainsi mutés "disciplinairement" à la Réunion bénéficient-ils des diverses primes attachées à la mutation dans un Département d’Outre-Mer ? ?
7 octobre 2012, 08:47, par pinot simple kréol
avec tous le respect que je dois a monsieur verges je vais seulement lui rappeler qu’il n’y a pas en France seulement que des fonctionnaires voulant rentrer au pays et qui bénéficie quand même de voyages payés tout les trois ans, mais aussi ces déplacés pour ne pas dire déportés qui ont des enfants nés la bas et qui pour beaucoup ne verront ou reverront peut être jamais la Réunion . je déplore l’attitude de la classe politique dans son ensemble pour ne pas avoir une pensée ,un mot , un geste de solidarité envers ces gens la . les grands discours c’est bien mais comme beaucoup de réunionnais j’aurai aimé des actions en faveur de ces exilés victimes de ce transfert de population, pourquoi le réunionnais installés la bas par obligation n’aurait t’il pas droit a l’aide la mobilité comme le non natif de la Réunion placé pour profit ici lui y a droit zot lé pas pus zot lé pas mwin non plus alors respekt a zot