Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Après l’adoption de la loi sur l’égalité réelle, déclaration du PCR
12 octobre 2016, par

Le PCR ne peut pas être contre des mesures qui auraient dû être prise depuis longtemps, mais le résultat n’est pas à la hauteur de l’ambition affichée. Le PCR demande que cela soit aux Réunionnais d’élaborer les propositions, que cette loi soit comme celle de 1946 d’initiative réunionnaise. Il appelle à un front réunionnais le plus large, sans exclusive, pour dire à Paris : « voilà ce qui est bon pour nous ».
Menace sur l’avenir de la filière canne-sucre, près de 1.500 jeunes en emplois d’avenir licencié cette année. C’est dans un contexte très alarmant que le texte sur l’égalité réelle a été voté hier en première lecture. Le PCR a fait une déclaration sur ce sujet qu’il a commenté devant la presse de 12 octobre.
Le PCR rappelle que cette loi a été voulue par le président de la République pour répondre à une situation jugée unanimement alarmante dans les outre-mer. Elle signifie que l’égalité inscrite dans la loi depuis 70 ans n’a pas été réalisée.
Le Parti communiste réunionnais affirme qu’un bilan devait être fait sur l’application de la loi du 19 mars 1946 qui précise dans son article 2 que l’égalité devait être effective au 1er janvier 1947. Pourquoi cela n’a pas été réalisé ?
Le texte présenté au Conseil des ministres comportait 15 articles. Celui voté hier en comprend 54. Il a fallu intégrer une centaine d’amendements avancés par quasiment tous les groupes parlementaires.
Concernant l’aide aux intrants, le PCR constate que ce n’est pas l’égalité.
En matière de logement social, le taux de crédit d’impôt passera de 20 à 40 % pour aider la rénovation. 150.000 nouveaux logements sont à programmer sur 10 ans. Or, il existe à La Réunion 30.000 demandes en souffrance, et 10.000 par an sont nécessaires.
Pour le PCR, le texte comporte des mesures sociales qui auraient dû être appliquées au cours de ces 7 dernières décennies, car elles relèvent de l’égalité. Ces mesures peuvent avoir l’assentiment de tout le monde. Mais ce texte permettra-t-il l’égalité réelle entre l’outre-mer et la France d’ici 20 ans.
Or, l’égalité réelle suppose que l’on ait le même taux de chômage qu’en France. Arrivera-t-on à ce même taux dans 20 ans ? « Il faudrait créer 14.000 emplois chaque année alors que seulement 3.000 sont créés tous les ans », indique Ary Yée Chong Tchi Kan.
L’égalité réelle suppose que le prix des services et marchandises soit le même qu’en France à La Réunion. L’État pourra-t-il combler la différence au cours des 20 prochaines années ?
Le texte voté hier va-t-il abolir les inégalités à l’intérieur de La Réunion ? La Réunion est le département où les inégalités sont les plus grandes selon l’INSEE, elle est « socialement hors norme ». Or, le projet de loi ne fait pas référence à ces inégalités qui existent, notamment avec le traitement différencié des travailleurs vis-à-vis de la vie chère.
Le PCR appelle à se projeter dans 20 ans. La Réunion aura 150.000 habitants de plus. Quelles seront les conséquences du changement climatique, quelle situation géo-économique dans notre région ? « Tout sera bouleversé à cause de la mondialisation ». Le PCR cite notamment les conséquences de la signature de l’APE, qui traite La Réunion comme une région européenne. Pour le PCR, cette loi ne prépare pas la société réunionnaise à préparer l’abattement des frontières, le libre-échange.
Enfin, la loi prévoit que les collectivités utilisent pleinement l’article 73 de la Constitution pour procéder aux adaptations nécessaires à l’élaboration de plans de convergence. Or, cette capacité d’adaptation est interdite à La Réunion du fait de l’alinéa 5 de l’article 73.
Le PCR constate que cette loi s’inscrit dans la même politique que celle menée à La Réunion depuis 70 ans. N’ayant pas tiré les leçons des 70 dernières années, la loi n’apportera pas ce qu’elle affirme, c’est-à-dire l’égalité dans 20 ans.
« Car l’échec de ces 70 ans, c’est l’intégration de La Réunion dans l’espace normatif français, qui ne peut pas s’appliquer à 10.000 kilomètres de distance », affirme Ary Yée Chong Tchi Kan, « la loi n’inscrit pas La Réunion dans un projet ambitieux de développement durable et solidaire ».
Le PCR souligne que cette loi ne répond pas aux graves défis que La Réunion et l’outre-mer auront à relever dans les années à venir. D’ailleurs, cette loi n’a pas été accueillie avec enthousiasme dans les milieux populaires. C’est plutôt de l’indifférence.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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