Création d’emplois pérennes dans l’environnement, les écoles et l’accompagnement social

PEC : la FSU propose un plan réunionnais de transformation des emplois précaires en emplois durables

11 mai, par Manuel Marchal

La FSU Territoriale dénonce la baisse des contrats PEC qui fragilise emploi et services publics à La Réunion. Le syndicat réclame surtout un plan réunionnais pour transformer les emplois précaires en postes durables via des financements État-collectivités, des formations qualifiantes, des concours adaptés et la création d’emplois pérennes dans l’environnement, les écoles et l’accompagnement social. Cette proposition a été adressée par le syndicat au préfet suite à l’annonce de la baisse drastique du nombre de PEC subventionnés par l’argent de la France à La Réunion.

La réduction massive des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC) provoque une onde de choc à La Réunion. Dans un courrier adressé au préfet, la FSU Territoriale alerte sur les conséquences sociales de cette décision et appelle surtout à un changement profond de modèle : transformer enfin les emplois précaires en emplois durables.
Pour le syndicat, la situation réunionnaise exige une réponse spécifique. Avec un chômage proche de 18 % et plus de 92 000 allocataires du RSA, la baisse des PEC ne représente pas seulement une économie budgétaire décidée à Paris. Elle menace directement des milliers de familles et fragilise les services publics locaux déjà sous tension.

Des missions indispensables dépendent d’emplois précaires

Dans les écoles, les cantines, les services environnementaux, l’aide aux personnes âgées ou le secteur médico-social, les agents en PEC assurent aujourd’hui des missions indispensables. Pourtant, ces travailleurs restent enfermés dans des contrats précaires, faiblement rémunérés et sans véritable perspective d’avenir.
La FSU Territoriale estime que cette logique atteint aujourd’hui ses limites. Pour le syndicat, La Réunion ne peut continuer à fonctionner avec un système fondé sur l’instabilité permanente de milliers de travailleurs occupant pourtant des postes répondant à des besoins durables.
C’est pourquoi la principale revendication portée dans ce courrier concerne la création d’un véritable « plan réunionnais de transformation des emplois précaires en emplois pérennes ». Cette orientation est une rupture avec des décennies de gestion sociale du chômage.

Créer un fonds pour la pérennisation des postes occupés sur des missions permanentes

La FSU propose d’abord la création d’un fonds exceptionnel associant l’État et les collectivités afin de financer progressivement la titularisation ou la pérennisation des postes occupés sur des missions permanentes. L’objectif est clair : arrêter de remplacer continuellement des travailleurs précaires sur des besoins qui, eux, ne disparaissent jamais.
Le syndicat demande également l’ouverture de concours territoriaux adaptés aux réalités réunionnaises afin de permettre aux travailleurs précaires d’accéder à de véritables carrières dans la fonction publique territoriale.

Des emplois dans l’environnement, les écoles et l’aide à la personne

Autre axe majeur : le développement massif de formations qualifiantes et certifiantes. Pour la FSU, il ne suffit pas d’occuper temporairement des chômeurs. Il faut leur permettre d’acquérir des compétences reconnues débouchant sur un emploi stable.
Le plan proposé par la FSU s’appuie aussi sur les besoins concrets du territoire. Le syndicat souhaite la création de brigades environnementales et sanitaires pérennes capables d’intervenir dans des domaines essentiels : lutte contre les moustiques, gestion des déchets, prévention climatique, protection de l’environnement ou accompagnement des personnes fragiles.

Sortir d’une logique d’assistance et de précarité chronique

La FSU insiste également sur la nécessité de renforcer durablement les effectifs dans les écoles, la restauration scolaire, l’aide aux personnes âgées et les services médico-sociaux. Autant de secteurs où les besoins augmentent continuellement tandis que les collectivités manquent de moyens.
Pour le syndicat, cette démarche permettrait enfin de sortir d’une logique d’assistance et de précarité chronique. « La Réunion ne peut être le territoire de l’emploi précaire permanent », affirme la FSU Territoriale.
Au-delà de la question des PEC, c’est donc un véritable projet de développement humain que le syndicat appelle à construire : créer des emplois utiles, durables et dignes, adaptés aux besoins réels de la population réunionnaise.

M.M.

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