Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Filière canne
23 avril 2011, par

Le rapporteur public du Tribunal administratif rejette la requête des usiniers opposés à la construction d’une ferme photovoltaïque sur des terres agricoles. À trois ans du prochain règlement sucrier européen, cette information donne un coup de projecteur sur un mode de diversification des revenus du planteur : la production d’électricité.
Avec l’arrivée dans notre île de la technologie photovoltaïque, une inégalité est apparue dans la filière canne entre l’usinier et le planteur. L’industriel a la possibilité de placer des panneaux photovoltaïques sur les toits des ateliers qui transforment la canne ou ses sous-produits. C’est ainsi que les toits de Mascarins se sont couverts de panneaux installés par Soléo. Cette initiative importante a d’ailleurs été saluée en son temps à sa juste valeur. Du côté financier, l’usinier diversifie encore un peu plus ses revenus.
Mais pour le planteur qui veut imiter l’usinier, c’est un tout autre discours qui est tenu. L’usinier fait pression sur le planteur pour qu’il ne puisse pas avoir accès à la diversification de ses revenus. On voit tout de suite le but de la manœuvre, il s’agit de maintenir le planteur sous la dépendance directe de l’usinier en l’obligeant à n’avoir comme source de revenus que la vente de ses cannes.
Or, si les planteurs essaient de faire davantage de bénéfices en valorisant leur outil de travail d’une autre manière qu’en y plantant des cannes, ils ne font qu’imiter les usiniers lorsque ces derniers ont décidé d’investir d’autres secteurs que l’industrie sucrière. L’usinier est donc pris à son propre jeu, mais sentant son intérêt menacé, alors il tente de trouver une parade pour empêcher le planteur d’utiliser son terrain pour vendre de l’électricité. Une affaire portée devant le Tribunal administratif illustre cette tactique. Le Syndicat des fabricants de sucre a attaqué la construction d’une ferme photovoltaïque sur une partie d’un terrain en friche de 5 hectares. Selon les usiniers, les intérêts économiques des fabricants de sucre sont menacés.
Dans son avis, le rapporteur public démonte cette argumentation « aussi floue que non étayée par le moindre commencement de preuve », indique le "JIR", citant le rapporteur public du Tribunal administratif. Et de demander le rejet de la requête des usiniers.
Le verdict sera très attendu, car la filière canne traverse une période d’incertitude. Sur les 24.000 planteurs qu’il existait jadis, il n’y en a plus que 3.000. En 2014, un nouveau règlement sucrier doit être décidé par l’Europe, de là découlera le prix du sucre et donc de la canne. Si ce prix continue de baisser et que l’Europe interdit au gouvernement de verser des subventions au titre de « la concurrence libre et non faussée », alors que feront les planteurs ?
Notre île a besoin de l’énergie du soleil pour atteindre l’objectif d’autonomie énergétique en 2025. Les planteurs sont déjà des producteurs d’électricité grâce à la bagasse qu’ils cèdent aux usiniers, pourquoi alors n’auraient-ils pas droit à un revenu supplémentaire grâce au photovoltaïque ?
Nos peines
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