Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Voilà la crise que les adversaires du tram-train veulent aggraver pour maintenir les Réunionnais dans la pauvreté
12 mars 2010, par

La Direction du Travail vient d’adresser à la presse une analyse précise de la situation de la pénurie d’emploi à La Réunion. Elle relève 130.607 demandeurs d’emploi en janvier 2010. Parmi eux, plus de 23.000 ont un niveau supérieur ou égal au Bac. Le taux de chômage chez les jeunes dépassait déjà 51% au premier semestre de l’année dernière, alors que la crise n’était pas aussi forte que maintenant. Cette situation dramatique, c’est ce que les adversaires du tram-train veulent aggraver, car ils pensent qu’empêcher le développement du pays leur permettra de préserver leurs privilèges quelques années supplémentaires, quitte à prendre le risque de l’explosion sociale.
Une hausse du nombre de demandeurs d’emploi de 23% sur un an, soit le double de la Guadeloupe et sept points de plus qu’en France ; un taux de chômage au second trimestre 2009 de plus de 27% ; plus de 23.000 bacheliers au chômage, dont 8.000 ayant un niveau supérieur ou égal à technicien supérieur ; 1.423 ingénieurs et cadres au chômage ; et surtout un taux de chômage chez les jeunes qui dépassait 51% voici déjà plus de six mois : voilà la photographie dévoilée hier par la Direction du Travail lors de la publication du "Bulletin Travail Emploi Formation".
Au moment donc où la pénurie d’emploi atteint des sommets, La Réunion a réussi à obtenir la contractualisation d’un grand chantier rassemblant deux équipements : le tram-train et la route du Littoral. Ce sont ainsi plus de 2,5 milliards d’euros qui ont été obtenus pour La Réunion. Il est bien évident que si l’un des deux chantiers ne se fait pas, c’est la totalité du financement qui est remise en cause. Or, pour tenter de préserver quelques années durant des intérêts personnels, certains n’hésitent pas à jouer l’avenir de leur peuple en demandant la suppression de ce projet.
Les données de la Direction du Travail révèlent une terrible vérité. Cette crise ne pourra que s’amplifier si certains veulent priver les Réunionnais de l’investissement auquel ils ont droit. Mais cette aggravation n’est-elle pas voulue par ceux qui tirent leurs privilèges de la pénurie d’emploi à La Réunion ? En 1946, ceux qui refusaient l’abolition du statut colonial tentaient par tous les moyens de préserver les privilèges hérités de la colonisation, car ils savaient que la fin du statut ouvrait l’accès de tous à l’école, à l’eau courante, à la protection sociale, d’une part, et obligeait les plus riches à payer l’impôt sur le revenu, d’autre part.
En 2010, ceux qui sont contre le tram-train savent que le manque d’emplois est le principal facteur de la crise à La Réunion. En combattant le tram-train, ils veulent que la crise s’aggrave pour empêcher à tout prix l’émergence d’une nouvelle société qui balayera les privilèges et les injustices héritées de la période coloniale.
Manuel Marchal
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