La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Face à l’urgence sociale, le lancement de 10 chaînes de télévision
30 novembre 2010, par

Le nombre de demandeurs d’emploi dans notre île a atteint un nouveau sommet avec 142.090 inscrits à Pôle emploi fin octobre 2010, soit une augmentation de 14% sur un an. Il ne fait donc plus aucun doute que la proportion des Réunionnais vivant en dessous du seuil de pauvreté est supérieure à 52%. Mais cette question ne figure pas dans le programme ministériel.
Le lancement de 10 chaînes gratuites est l’événement phare de la visite de Marie-Luce Penchard dans notre île. Après avoir été retardé par un ennui technique à Mayotte, la ministre a rendez-vous ce matin pour parler encore de télévision lors d’une séquence prévue au pied d’un émetteur à La Montagne.
Le jour de l’arrivée à La Réunion de la membre du gouvernement, Pôle emploi a diffusé ses statistiques les plus récentes. En octobre dernier, 142.090 Réunionnais étaient inscrits à Pôle emploi. Étant donné l’arrêt des grands chantiers devant être lancés cette année par la nouvelle direction de la Région, ce nombre n’a pas pu diminuer ce mois de novembre. La Réunion se rapproche donc dangereusement du cap des 150.000 demandeurs d’emploi officiels.
La pénurie d’emploi est le problème numéro un à La Réunion depuis plus de 40 ans. Elle montre dans toute son ampleur l’impasse dans laquelle La Réunion se trouve du fait de l’application d’un modèle. Une conséquence de cette pénurie d’emploi, c’est la pauvreté. Ce manque de revenu est vécu dans un pays où le coût de la vie est beaucoup plus élevé qu’en France, or c’est par rapport à la réalité du coût de la vie en France que sont calculés les revenus auxquels ont droit les plus pauvres.
Avec l’aggravation du chômage, la proportion des Réunionnais vivant en dessous du seuil de pauvreté dépasse donc maintenant largement la moitié de la population. Cette situation appelle donc à des propositions urgentes pour faire face à la crise sociale. Justement, le gouvernement a en sa possession plusieurs leviers qui peuvent améliorer la situation. C’est en effet le représentant de l’État qui fixe le prix des carburants, duquel découle celui de nombreux produits. C’est aussi le gouvernement qui peut décider de diminuer la TVA sans avoir à se justifier auprès de la Commission européenne car nous sommes une Région d’outre-mer. D’ailleurs la TVA n’existe pas en Guyane.
C’est également le gouvernement qui fixe le montant des minima sociaux, des bourses des étudiants, des retraites, du SMIC, c’est-à-dire des revenus de la majeure partie de la population.
Mais toutes ces questions sont évacuées du programme de la visite ministérielle. Et l’événement phare du séjour de la ministre de l’Outre-mer à La Réunion n’a rien à voir avec l’urgence sociale. Il s’agit du lancement de 10 chaînes de télévision. C’est dire le décalage existant entre la réalité de l’effondrement de notre économie, et les objectifs de la première visite d’un membre du gouvernement au lendemain du remaniement ministériel.
Manuel Marchal
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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