Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
L’impasse
26 juillet 2013

Pôle emploi a publié ses dernières statistiques mercredi soir. Le nombre de travailleurs à la recherche d’un emploi est un révélateur de la crise. En France, plus de 5,4 millions de personnes se sont inscrites dans l’espoir de décrocher un travail, ou d’en obtenir un autre moins précaire et/ou mieux payé. Plus de 165.000 Réunionnais étaient dans cette situation au mois de juin.
Les derniers chiffres de Pôle emploi ont rappelé l’ampleur du défi. Plus de 165.000 Réunionnais sont à la recherche d’un travail. Parmi eux, 133.730 étaient privés de travail au mois de juin, dont plus de la moitié l’est depuis plus d’un an. 58.000 étaient indemnisés par l’assurance chômage ou par la solidarité de l’État. En un an, le nombre de chômeurs en fin de droit devenu bénéficiaires de l’allocation spécifique de solidarité a augmenté de 10%.
Quant aux travailleurs inscrits à Pôle emploi et touchant le RSA socle, il était inférieur à 51.000 en juin dernier.
Autrement dit, en additionnant les chômeurs qui touchent encore l’assurance, ceux qui sont en fin de droit et ceux qui sont contraint au revenu minimum, ce sont environ 110.000 personnes sur les près de 134.000 totalement privées d’emploi. Cela amène à s’interroger sur les revenus de 24.000 Réunionnais qui n’ont pas eu d’emploi au mois de juin, et qui n’ont pas été indemnisés pour la perte qu’ils ont subie.
Moyens exceptionnels
Ces chiffres sont des indicateurs de l’urgence sociale. La fermeture de toutes les usines sucrières sauf deux, le recul de l’industrie et la transformation de La Réunion en une société de services ont créé les conditions structurelles du chômage de masse. Il fait bien longtemps que le taux de chômage dans notre île est trois fois supérieur à celui de la France.
L’abandon des grands chantiers par la direction de la Région a amplifié cette crise. Elle atteint aujourd’hui des proportions inégalées, et elle presse d’agir.
Aux 165.000 demandeurs d’emploi officiellement dénombrés vont s’ajouter les nouvelles victimes d’un modèle qui n’arrive pas à créer suffisamment d’emploi pour faire face à l’augmentation continue de la population active.
Ainsi, des jeunes qui ont quitté l’école et qui n’ont pas réussi à enchaîner directement avec un travail ou une formation vont aller s’inscrire.
Rapportée à la situation de la France, celle de La Réunion se traduirait par environ 10 millions de chômeurs là bas. Si telle était la réalité, voici bien longtemps que des moyens exceptionnels auraient été dégagés dans tous les domaines pour remédier à ce très grave problème. Mais en France, le taux de chômage est trois fois plus faible qu’à La Réunion. C’est pourquoi toutes les mesures qui sont proposées ne peuvent avoir la même efficacité que celle prévue pour la France. La sortie de crise ne peut alors se concevoir que dans des propositions adaptées à La Réunion.
Propositions de rupture
C’est la démarche du PCR. Mercredi en conférence de presse, le Parti communiste réunionnais a rappelé des propositions adoptées au début du mois par le 8e congrès du PCR. Ce sont tout d’abord des mesures pour faire face à l’urgence sociale avec le développement de deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne.
Le PCR propose aussi de relancer les grands chantiers, en remettant notamment à l’ordre du jour la construction d’un réseau de chemin de fer. Pour financer ces projets, le PCR appelle à la création d’un fonds réunionnais d’investissement alimenté par des recettes prélevées sur les jeux de hasard, les bénéfices des filiales des grandes sociétés et la solidarité nationale.
À cela s’ajoute une nouvelle gouvernance.
Ces propositions ont été qualifiées de ruptures. Le PCR les met en débat et souhaite que les discussions s’ouvrent le plus largement possible. Le défi à relever est à la hauteur du manque d’emploi, il est considérable. Par conséquent, une seule organisation ne peut détenir à elle seule la solution.
Nos peines
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