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Un désaveu cinglant pour toutes les politiques menées depuis 70 ans à La Réunion
12 avril 2016, par

En septembre 2015, La Réunion comptait plus de personnes inscrites à Pôle emploi que de travailleurs dans le secteur privé. Cette donnée montre l’ampleur de la tâche pour inverser la tendance et relativise toutes les mesures proposées depuis Paris pour placer notre île sur le chemin du plein emploi avec le système actuel.
Dans le dernier numéro de Talents et Territoires, journal de la CGPME Réunion, daté de mars dernier, l’organisation patronale annonce un chiffre qui interpelle. À la fin de septembre 2015, le secteur privé employait 146.108 personnes. Ce nombre est à comparer à celui donné pour la même date par Pôle emploi : 179.390 travailleurs inscrits à Pôle emploi, dont 136.750 totalement privés d’emploi. Cela signifie que le nombre de personnes à la recherche d’un emploi dépasse celui de celles travaillant dans le secteur privé.
Ce déséquilibre est un bien triste bilan du système en place depuis maintenant 70 ans. Les conséquences sont dramatiques. Le taux de chômage est proche de 30 %, et il dépasse 50 % chez les jeunes. Cette pénurie d’emploi explique la forte proportion de pauvres à La Réunion, avec près de la moitié de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté.
Cette information est une nouvelle illustration de la crise qui secoue La Réunion. Elle souligne sa profondeur et l’impossibilité de régler ce problème rapidement, qui plus est dans le cadre actuel.
On ne peut en effet que constater que quelles que soient les mesures prises, le chômage continue de grimper. Dans ces conditions, toute initiative visant à réduire la protection des travailleurs face au chômage ne peut qu’aggraver la situation. C’est justement l’orientation du projet de Loi Travail, qui facilite les licenciements.
Tant que le contexte spécifique de La Réunion ne sera pas pris en compte, la situation n’évoluera pas. Cela relativise les annonces contenues dans le rapport Lurel qui doit servir de base à un projet de loi d’orientation pour l’outre-mer. Faute de prendre en compte la poursuite de la croissance démographique, et l’évolution des autres pays de la région dans laquelle La Réunion devra s’intégrer, l’application de ce projet comme tous les autres qui l’ont précédé produira les mêmes effets.
Cela renforce l’idée d’une rupture avec tout ce qui s’est fait depuis 70 ans, c’est-à-dire depuis l’installation à La Réunion d’un système néocolonial qui a bloqué le développement. Au lieu de mener une politique de désindustrialisation qui a mené à la catastrophe actuelle, d’autres possibilités existent. L’autonomie énergétique, le développement de services dans l’environnement et l’aide à la personne, la recherche de complémentarité avec les pays voisins sont autant de voies qui peuvent être explorées. Elles supposent des responsabilités plus grandes pour les Réunionnais, afin qu’ils puissent notamment négocier des conditions de l’intégration de La Réunion dans son environnement régional.
Nos peines
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