Budget 2005 : lettres de cadrages, arbitrages...

Poker menteur

22 mai 2004

La préparation du budget 2005 est extrêmement difficile. Le séminaire de mercredi n’a pas permis de clarifier la situation. En effet, aucun arbitrage n’a été rendu. Et les menaces pèsent toujours sur la loi de programme pour l’outre-mer. Le gouvernement semble se livrer à un jeu de poker menteur.

Entre le Premier ministre et le ministre de l’Économie, la tension est montée d’un cran, mercredi, le premier ayant “refroidi” les ardeurs du second. Mais jusqu’à quand ? En effet, si Jean-Pierre Raffarin se déguise en “modérateur” et jouant la carte de l’ouverture et de la médiation, rien ne prouve qu’il soit encore à Matignon, après le 13 juin. Le gouvernement est en sursis. Le fait que le Premier ministre actuel ait donné à chaque ministre sa “feuille de route” et son calendrier ne peut faire oublier qu’un second revers électoral cuisant - les européennes après les régionales et cantonales - pourrait bien voir le gouvernement connaître une autre configuration.
Toujours est-il que, pour l’instant, les ministres ont été invités à se retrouver lors d’une ou deux réunions plénières, consacrées au budget 2005, avant la parution des ultimes arbitrages. Ceux-ci sont prévus dans le courant du mois de juillet.
Mais une lettre de cadrage général va être envoyée par Raffarin dans les tous prochains jours. Elle stipule expressément que les dépenses ne devront pas progresser. Quelques jours plus tard, Sarkozy va chiffrer les efforts budgétaires qu’il entend exiger de ses collègues ministres. Il faudra donc attendre encore quelques jours pour connaître les efforts exigés par Bercy, pour l’outre-mer.
Et avant le 10 juin, chaque ministre devra adresser aux deux frères ennemis (Raffarin et Sarkozy), leurs propositions précises d’économies à faire pour le budget pour 2005. Enfin, d’ici au 15 juin, chaque ministre doit transmettre à Raffarin "le bilan de l’action conduite au premier semestre, les projets pour le second semestre 2004 et les grandes orientations politiques que chaque ministre propose de conduire pour l’année 2005". Et fin juillet, donc après les élections, Bercy enverra les lettres plafonds à tous les ministres.
Ce calendrier est virtuel. Il ne tient pas compte d’un changement possible de gouvernement. C’est donc à un jeu de poker menteur que joue le gouvernement. Une fois le cap du 13 juin franchi, il aura toute liberté pour faire ce que bon lui semble.

D.B.


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Témoignages - 82e année


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