« Accord de libre-échange entre L’Union européenne, les Comores, Maurice, Madagascar et les Seychelles : graves conséquences pour les Réunionnais pas consultés »
7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Initiative du sénateur communiste Pierre Laurent
22 octobre 2014

Le sénateur communiste Pierre Laurent a posé une question écrite le 17 octobre au gouvernement. Elle demande l’ouverture des archives sur le massacre du 17 octobre 1961 à Paris et sur toutes les archives relatives aux crimes de la colonisation.
Rappelons qu’en 2012, le président de la République avait reconnu les crimes du 17 octobre 1961. C’est précisément parce que Témoignages avait publié des compte-rendus de journaux parisiens relatifs à la répression du 17 octobre 1961 que son directeur, Paul Vergès, avait été condamné à de la prison ferme. Aujourd’hui, l’arbitraire de cette décision apparaît clairement. L’initiative du sénateur Pierre Laurent est aussi un moyen pour les Réunionnais de mieux connaître leur histoire, car la colonisation était le régime politique de près de 300 des 350 années du peuple réunionnais. La répression ne s’est pas arrêtée à la date de l’abolition du statut colonial, le 19 mars 1946. Elle s’est poursuivie. Des Réunionnais sont morts, d’autres ont été emprisonnés parce qu’ils militaient pour le développement de La Réunion. Souhaitons que l’ouverture des archives puisse contribuer à redonner aux Réunionnais, et aux autres peuples qui ont souffert de la colonisation, une part de leur histoire que le colonisateur a toujours voulu censurer. Voici le texte de la question du sénateur :
« Ouverture des archives et reconnaissance des crimes coloniaux
Question écrite n° 13433
Par Pierre Laurent / 17 octobre 2014
M. Pierre Laurent attire l’attention de M. le secrétaire d’État, auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire sur les responsabilités de la France dans les crimes d’État et crimes contre l’humanité perpétrés durant les guerres coloniales dont celle d’Algérie ainsi que sur la nécessité d’ouvrir toutes les archives à ce sujet.
La reconnaissance des faits intervenus le 17 octobre 1961 par le Sénat, qui a adopté le 23 octobre 2012 une résolution en ce sens, doit enfin conduire à l’ouverture des archives sur cet événement et, au-delà, de toutes les archives concernant les guerres coloniales et leur cortège de répression et de massacres, dont ceux de Charonne et la disparition de Maurice Audin.
Concernant ce dernier point force est de constater que les engagements pris pour transmettre toutes les informations existantes à son épouse n’ont pas été tenus.
Sur ce sujet comme sur d’autres, il lui demande s’il ne serait pas souhaitable que les archives de l’État soient soumises à des règles communes en matière d’archives conformes au fonctionnement d’un État démocratique.
Cela impliquerait que soient versées aux Archives nationales celles de la préfecture de police de Paris, des ministères de la défense et des affaires étrangères, quitte à ce que leurs fonds relèvent de dispositions particulières, précises et justifiées et que les archives des anciens ministres, Premiers ministres et Présidents de la République relatives à leurs fonctions ne soient pas privatisées par les intéressés mais versés dans leur ensemble aux Archives nationales.
Cela aurait aussi le mérite de contribuer à faire la lumière sur les actions de la France et de son armée dans les pays africains notamment, où elle a participé à de nombreux renversements de pouvoir plus ou moins sanglants.
La fin de rapports coloniaux ou néo–coloniaux avec ces pays passe par là, le développement de nouvelles relations de coopération aussi. Dans la même logique, il lui demande s’il ne faudrait pas que la notion d’archives « incommunicables » telle qu’elle apparaît dans la loi n° 2008-696 du 15 juillet 2008 relative aux archives soit abrogée.
Car pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues des deux rives de la Méditerranée.
À quelques semaines du 60e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération algérienne, il lui demande s’il ne serait pas également temps que la France reconnaisse toutes ses responsabilités dans les nombreux crimes d’État et crimes contre l’humanité commis en son nom durant ce conflit. »
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