Après la protestation, où est le projet pour sortir La Réunion de la pauvreté ?
25 juillet, parCombattre les causes du chômage de masse
Gélita Hoarau
13 octobre 2007, par

La Sénatrice Gélita Hoarau était présente hier en signe de son soutien au Collectif pour le développement de la micro-région Sud. Elle a relayé une revendication du Collectif concernant le rééquilibrage du territoire.
L’Éducation nationale est le plus gros employeur de l’île, et pourtant, le Rectorat est l’une des seules administrations à toujours être concentrées dans le Nord. La revendication remonte au débat sur la bi-départementalisation, mais force est de constater que rien n’a évolué. Gélita Hoarau explique sa démarche : « C’est une nécessité de sensibiliser l’opinion publique sur ce sujet, car 40% de l’effectif de l’Éducation nationale se trouvent dans le Sud. Pour faire entendre cette proposition à Paris, faire avancer le projet, je vais m’employer dans les jours qui viennent à contacter les élus ».
Poste, DDE, Chambre d’Agriculture, Chambre de Commerces ont déjà déconcentré leur administration. « Si les sudistes demandent avec autant de persévérance l’installation de ces services (du Rectorat) dans le Sud, ce n’est pas par plaisir d’avoir leurs propres services chez eux. Mais c’est pour des raisons de commodité et d’économie de temps et d’argent qui se traduiraient par moins de déplacements », explique la sénatrice. Les chiffres sont significatifs, la région Sud concentre la plus grande proportion de personnels de l’Education nationale : sur 19.603 enseignants, administratifs, personnel dans le privé sous contrat, le Sud, de Saint-Leu à Saint-Philippe, comprend 7.642 personnes, soit 39% de l’effectif. Le Nord représente 3.717 personnes, soit 17%, l’Est compte 3.625 enseignants et agents, soit 18%, et la Région Ouest 4.619, soit 24%.
Réforme de la fonction publique ne veut pas dire suppression des moyens
Les avantages de cette déconcentration sont nombreux. D’abord, pour les agents qui habitent le Sud et qui doivent chaque jour se déplacer vers le Nord, sans compter les enseignants qui ont besoin de se rendre au Rectorat régulièrement. « Ensuite, explique Gélita Hoarau, pour le mouvement du personnel : chaque année, des postes se libèrent ou se créent, les enseignants qui veulent changer de poste ou les nouveaux arrivants participent à ce mouvement. La création d’une deuxième Inspection d’Académie consacrerait l’existence de 2 zones, et les mouvements se feraient à l’intérieur de ces zones, ce qui éviterait qu’un enseignant du Sud soit muté dans le Nord ou vice-versa ».
Cependant, la sénatrice rappelle que l’Etat a choisi une logique de restriction des moyens pour le service public. La situation de La Réunion n’est pas comparable à celle de la Métropole, les effectifs dans les salles de classe continuent à grimper, et donc les besoins en personnel dans l’éducation sont légitimes. Pour la sénatrice, de toute façon, « la réforme de la fonction publique ne doit pas se concevoir seulement du point de vue de faire des économies, elle doit se faire dans le souci de plus d’efficacité et de plus de commodité au profit des intéressés, et du public en général ».
Gélita Hoarau rapproche cette revendication avec celle défendue pour le maintien du Tribunal de Grande Instance de Saint-Pierre. C’est parce que tous ont su se mobiliser que le gouvernement a ouvert le dialogue, et qu’une décision favorable se dessine. « Refuser un tel projet procèderait du même état d’esprit que celui de vouloir supprimer le Tribunal de Grande Instance de Saint-Pierre, estime la sénatrice. Or, j’ai bon espoir que grâce à la prise en compte de la réalité réunionnaise et à la mobilisation des élus, des avocats, des magistrats de tout le monde judiciaire et aussi de la population du Sud, que le TGI sera maintenu. Si ce combat peut être gagné, ce que je crois, celui de la déconcentration des services du Rectorat, dans un premier temps, et la création d’une deuxième Inspection d’Académie, dans un deuxième temps, peut l’être aussi si tous les intéressés se mobilisent ».
Edith Poulbassia
La région Sud dans 15 ans
Des besoins grandissants en emplois et en logements
D’ici 2020, le Sud accentuera sa prépondérance démographique avec 140.000 résidents supplémentaires pour contenir 37% des Réunionnais, soit 350.000 habitants. La question de l’emploi devient alors le problème majeur de la micro-région, puisque les 49.000 chômeurs actuels, soit 48% de la population active (qui est de 108.000 habitants) pourraient être rejoints par près de 48.000 actifs supplémentaires.
Le Sud contient le plus grand nombre de chômeurs, soit 45% du total, 18% de l’ensemble des érémistes et contient le plus faible pourcentage de jeunes diplômés, 37%, et 10% de moins au total de cadres de professions intermédiaires.
La croissance démographique engendrera un besoin de 89.600 logements dans le Sud.
D’ici 2020, le Sud hébergera 58.000 personnes âgées de moins de 60 ans dont 16.500 dépasseraient même les 75 ans.
Combattre les causes du chômage de masse
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