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Des mesures spécifiques à La Réunion dans la prochaine loi-programme
3 septembre 2007, par

L’annonce d’un contenu spécifique à La Réunion dans la prochaine loi-programme ainsi que celle d’un calendrier de discussions souligne la nécessité de se concerter et de s’unir autour de propositions suscitant le rassemblement le plus large. C’est une condition importante pour que ses propositions soient inscrites dans la loi car ce sont les Réunionnais qui sont les mieux placés pour être les architectes des leviers du développement du pays.
« Nous devons maintenant être dans une démarche de concertation pour parler d’une même voix dans deux semaines », ainsi s’est exprimé, Éric Magamootoo, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion de retour d’une rencontre avec plusieurs conseillers du Président de la République. Le Président de la CCIR soulignait l’importance d’un échange prévu le 11 septembre à Paris au secrétariat d’État à l’Outre-mer. Doivent y participer côté réunionnais les parlementaires, les Présidents de la Région, du Département et des chambres consulaires, ainsi que d’autres représentants du monde économique. L’objectif est de présenter des propositions réunionnaises pour la loi-programme.
Vendredi, Michèle Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales, annonce que ce texte engageant la politique du gouvernement pour plusieurs années contiendra des mesures spécifiques à La Réunion. Elle a également dit que la concertation des personnes concernées par la loi-programme, c’est-à-dire notamment les Réunionnais, est prévue.
Des propositions existent
Autant dire que l’heure est plus que jamais au débat et aux propositions dans notre île. Dans un mémoire remis au ministre lors de sa visite, les conseillers généraux de l’Alliance ont insisté sur les défis spécifiques que doit relever le pays. Les élus rappellent que « lorsque Monsieur le Président de la République demande au gouvernement de "créer les conditions d’un développement économique endogène", cela signifie que chaque collectivité d’Outre-mer ne peut plus être un territoire dominé par l’importation, mais doit être un espace privilégiant l’économie productive de biens et de services pour faire vivre la population ». « Cela suppose un ensemble de décisions législatives et réglementaires pour favoriser une telle option », précisent les conseillers généraux de l’Alliance, tout en signalant que pour leur part, les Réunionnais ont déjà réfléchi sur des propositions inscrites dans le Plan régional de développement durable. Il est à noter que ce plan est intégré à la Plate-forme de l’Alliance, un document signé par Nicolas Sarkozy bien avant l’élection présidentielle.
Les élus ont aussi affirmé avec force que « compte tenu d’une situation sinistrée de l’emploi à La Réunion et des tensions sociales qu’elle engendre, l’État doit recourir à des mesures immédiates afin de redonner confiance aux citoyens et pour leur permettre d’avoir une activité rémunérée ». Des mesures contenues également dans la Plate-forme de l’Alliance : entre autres, l’exploitation de gisements d’emploi dans l’environnement et les services à la personne, ainsi que la création d’un Institut régional d’administration pour donner davantage de moyens aux Réunionnais d’occuper des postes dans la fonction publique à La Réunion. Par ailleurs, pour restaurer la confiance, les conseillers généraux de l’Alliance appellent à des mesures urgentes pour lutter contre la vie chère, par exemple la loi Galland. Ce texte permet de faire baisser les prix dans la grande distribution, comme l’a montré son application en France.
Se rassembler pour être entendu
Toutes les propositions auront plus de poids si elles sont le résultat d’un large rassemblement. C’est ce qu’a d’ailleurs montré la démarche de la délégation conduite par le Président de la CCIR. Elle faisait suite à une inquiétude : l’annonce du financement de la nouvelle loi-programme à budget constant, ce qui signifiait une révision à la baisse d’exonérations fiscales dont bénéficient les entreprises au titre de la loi d’orientation pour l’Outre-mer et de la loi-programme actuellement en vigueur. Des exonérations qui ont permis d’augmenter l’activité économique et des créations d’emploi.
De retour de Paris, le Président de la CCIR a déclaré avoir l’assurance « sur le fait que le financement (de la nouvelle loi-programme - NDLR) ne se fera pas sur le dos de l’actuelle Loi-programme, de la LOOM ». Autrement dit, le gouvernement a pris en considération une proposition réunionnaise largement soutenue.
C’est dire l’importance pour que dès maintenant, tous les Réunionnais s’emparent du débat. Le calendrier de la future loi-programme est serré, il faut donc agir dès maintenant pour que ce texte ne se limite pas au résultat d’une réflexion dans des bureaux parisiens. D’autant plus que cette loi-programme vise à créer les conditions d’un développement endogène de chaque territoire, c’est-à-dire, comme l’a précisé Michèle Alliot-Marie, valoriser les spécificités de chacun pour que le dynamisme économique profite au plus grand nombre.
Il est donc primordial de se concerter et d’agir afin que des propositions spécifiques à La Réunion, élaborées par les Réunionnais, soient portées par le rassemblement le plus large. Une condition essentielle pour que cette voix réunionnaise soit entendue, respectée et inscrite dans les mesures spécifiques à La Réunion de la prochaine loi-programme.
Manuel Marchal
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